Sable de fonderie maison : recette

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Maîtriser un bon sable de fonderie maison change complètement l’expérience de la fonderie amateur. Un simple mélange sable–argile–eau peut passer d’une poudre inutilisable à un matériau technique capable de reproduire des détails fins, supporter l’aluminium ou le bronze en fusion et rester réutilisable pendant des années. Pour vous, cela signifie des pièces plus propres, moins de défauts, moins de ratés et un budget fonderie largement réduit par rapport aux sables industriels.

Entre le sable à vert traditionnel, les sables à l’huile de type petrobond et les liants chimiques au silicate de sodium, les options ne manquent pas. Pourtant, la plupart des problèmes rencontrés en micro-fonderie de garage viennent toujours des mêmes causes : mauvaise granulométrie, humidité mal réglée, ou sable en fin de vie non régénéré. Comprendre ce qui se passe réellement dans votre bac de sable de fonderie maison permet d’anticiper ces difficultés et de sécuriser vos coulées, que vous travailliez l’alu, le laiton, le bronze ou même une petite fonte grise.

Définition du sable de fonderie maison : usages, limites et comparaison avec le sable industriel SilcoSand, chromite et olivine

Le sable de fonderie maison est un mélange formulé de sable siliceux, d’argile (souvent bentonite) et d’eau, parfois complété par du charbon fin ou d’autres additifs. Contrairement au sable brut de chantier, ce mélange est conçu pour avoir trois propriétés clés : bonne cohésion à la compression, perméabilité suffisante aux gaz et tenue mécanique jusqu’à la solidification du métal. Utilisé correctement, un sable à vert maison permet de couler sans problème la plupart des alliages d’aluminium, de laiton et de bronze de fonderie en atelier amateur.

Face à lui, les sables industriels comme SilcoSand (silice calibrée), sable de chromite ou d’olivine offrent une stabilité et une résistance supérieures, en particulier pour la fonte et l’acier. Le sable de chromite, riche en FeCr2O4, présente une conductivité thermique élevée et une très bonne résistance au feu, ce qui réduit les défauts de fusion sur les fortes épaisseurs. L’olivine, moins siliceuse, limite les risques liés à la silice cristalline respirable, sujet régulièrement rappelé lors des salons professionnels de la fonderie depuis 2022.

Un sable de fonderie maison bien réglé couvre cependant 80–90 % des besoins d’un atelier de fonderie alu/bronze de petite taille, pour un coût au kilo 5 à 10 fois inférieur aux mélanges prêts à l’emploi. La principale limite se situe au-delà de 1 100–1 150 °C et pour des pièces massives : dans ces cas, un sable industriel à haute réfractarité devient préférable pour éviter la pénétration du métal et les brûlures de sable, causes classiques de surfaçages pénibles au meulage.

Choix du sable siliceux pour la fonderie amateur : granulométrie, pureté (SiO₂) et provenance (sable de loire, sable de rivière, sable de carrière)

Granulométrie idéale (AFS 50–70) pour l’aluminium, le bronze et la fonte grise en atelier amateur

Le premier critère pour un bon sable de fonderie maison est la granulométrie. Pour des coulées d’aluminium, de laiton et de bronze, une plage équivalente à un indice AFS 50–70 donne un excellent compromis entre finition de surface et perméabilité. En pratique, cela correspond à des grains d’environ 0,2 à 0,3 mm moyens, avec une faible proportion de très gros et de très fins.

Un sable trop fin donne de beaux états de surface mais retient les gaz ; vous obtenez alors soufflures et piqûres internes. Un sable trop grossier se démoule bien mais laisse une peau de pièce très granuleuse, comme un béton mal vibré. D’après les retours de plusieurs communautés de fondeurs amateurs depuis 2020, un sable de filtration de piscine 0,4–0,8 mm peut servir de base, à condition de le compléter avec une fraction plus fine ou de le tamiser pour éliminer les grains les plus gros.

Taux d’argile et de fines : contrôle du pourcentage de particules < 0,02 mm pour une meilleure cohésion des moules

En plus des grains principaux, le sable contient toujours une part de « fines » : particules inférieures à 0,02 mm, souvent constituées d’argile naturelle. Pour un sable de fonderie maison performant, un taux d’argile totale (bentonite ajoutée + argiles présentes) de 8 à 12 % en masse donne en général une bonne cohésion. Au-delà de 15 %, la perméabilité chute et le risque de défauts de gaz augmente fortement.

Un simple test pratique consiste à pétrir une petite motte de sable brut légèrement humidifiée : si le sable se transforme déjà en pâte collante avant ajout de bentonite, le taux de fines naturelles est trop élevé. Dans ce cas, l’ajout d’argile devra être réduit et un mélange avec un sable plus grossier sera nécessaire. Plusieurs études de micro-fonderies universitaires publiées entre 2018 et 2023 montrent qu’un excès de fines peut réduire la perméabilité de 40 % pour seulement 5 % d’argile en plus.

Analyse visuelle et test au bocal d’eau pour détecter les impuretés organiques et les carbonates

Avant de transformer un sable de Loire, de rivière ou de carrière en sable de fonderie, un contrôle rapide évite des déconvenues. Une simple observation à la loupe permet d’évaluer la proportion de grains translucides (quartz), d’éléments sombres ou de fragments coquilliers. Plus les grains sont translucides et anguleux, plus le sable est riche en SiO₂ et adapté à la fonderie.

Pour détecter les impuretés organiques et les carbonates, un « test du bocal » est très utile : remplir un bocal pour moitié de sable, compléter avec de l’eau, agiter énergiquement et laisser reposer. Une couche sombre à la surface indique des matières organiques, qui brûleront en dégageant beaucoup de gaz lors de la coulée. Une effervescence après ajout de quelques gouttes de vinaigre révèle la présence de carbonates (coquilles, calcaire), à proscrire pour un sable de fonderie maison fiable.

Comparaison sable de maçonnerie, sable pour sablage et sable de filtration de piscine pour la fonderie

Beaucoup d’amateurs commencent avec ce qu’ils trouvent en GSB : sable de maçonnerie, sable pour sablage, sable de piscine. Tous ne se valent pas pour la fonderie.

Type de sable Avantages Inconvénients pour la fonderie
Sable de maçonnerie Très disponible, peu cher Trop de fines, présence possible de calcaire, grains parfois roulés
Sable de sablage Granulométrie souvent régulière, silice élevée Parfois trop fin, poussières importantes, coût plus élevé
Sable de filtration de piscine Silice pure, grains lavés, taille contrôlée Grains un peu gros, nécessite souvent un complément plus fin

Pour un sable de fonderie maison robuste, le sable de filtration de piscine ou un sable de sablage siliceux calibré constituent d’excellentes bases, surtout si vous visez un sable à vert polyvalent pour aluminium et laiton.

Recette de base du sable à vert maison : proportions sable / argile bentonite / eau pour coulées d’aluminium et de laiton

Dosage type 90 % sable, 8 % bentonite sodique, 2 % eau : calcul détaillé pour un bac de 25 kg

La recette classique de sable à vert maison repose sur un ratio simple : 90 % de sable siliceux, 8 % de bentonite sodique et 2 % d’eau, en masse. Pour un bac de 25 kg de sable de fonderie, les quantités se calculent ainsi :

  • 22,5 kg de sable siliceux sec (soit 90 % de 25 kg)
  • 2,0 kg de bentonite sodique finement broyée
  • 0,5 kg d’eau (environ 0,5 l, à ajuster selon l’hygrométrie)

Dans la pratique, l’eau ne s’ajoute pas d’un coup. Le mélange sable + bentonite est d’abord homogénéisé à sec, puis l’humidification se fait par pulvérisation fine. Selon les retours de plusieurs ateliers amateurs, le taux d’humidité réel optimal oscille souvent entre 2,5 et 4 %, surtout si le sable est très sec au départ. Un hydromètre de sol ou un simple suivi de masse avant/après permet de stabiliser cette recette de sable à vert maison dans la durée.

Substitution de la bentonite par de la terre à foulon ou argile verte : ajustement des pourcentages et impacts mécaniques

La bentonite sodique reste l’option la plus performante pour le sable de fonderie maison, mais d’autres argiles peuvent être utilisées : terre à foulon, argile verte, argile de potier. Ces argiles ont en général une capacité de gonflement et de liaison inférieure à la bentonite, ce qui impose d’augmenter légèrement le dosage.

Pour une terre à foulon ou une argile verte standard, un ratio de départ de 12–15 % d’argile pour 85–88 % de sable donne des résultats acceptables. La résistance à la compression du moule sera souvent 20–30 % plus faible qu’avec une bentonite, ce qui limite la complexité des empreintes et la possibilité de parois très fines. En contrepartie, certains utilisateurs constatent une perméabilité un peu meilleure et une gestion d’humidité plus tolérante, intéressant si vous travaillez en extérieur ou dans un garage non isolé.

Hydratation progressive et test de cohésion (test du boudin, test de boule) pour valider la plasticité du mélange

L’hydratation progressive est le cœur de la réussite. L’objectif n’est pas d’obtenir un sable mouillé, mais un mélange plastique qui se tient sous la pression et se casse net. Deux tests empiriques restent les plus fiables : le test de la boule et le test du boudin.

Pour le test de la boule : former une boule de sable serrée dans la main. À l’ouverture, la boule doit conserver sa forme, la main doit rester presque sèche et le sable ne doit pas coller. En cassant la boule en deux, la rupture doit être franche, sans s’effriter en poussière ni s’écraser en pâte.

Pour le test du boudin : rouler un petit cylindre de sable d’environ 10 cm de long et 1,5 cm de diamètre. Le boudin doit pouvoir être manipulé sans se casser immédiatement. S’il rompt dès 3–4 cm de portée, le mélange est trop sec ; s’il se déforme sans casser, il est trop humide. Cette approche, utilisée depuis des décennies en fonderie traditionnelle, reste plus fiable qu’une simple mesure d’humidité, car elle intègre la distribution réelle de l’eau et l’état d’activation de l’argile.

Adaptations de la recette pour métaux à plus haute température de fusion : bronze au cuivre et fonte grise

Pour le bronze au cuivre, qui se coule typiquement autour de 1 150–1 200 °C, le sable de fonderie maison subit un stress thermique nettement plus important que pour l’aluminium. Deux ajustements simples améliorent la tenue :

  • réduire légèrement l’humidité (1,5–2 %) pour limiter la génération de vapeur et les soufflures ;
  • ajouter 2–3 % de farine de charbon de bois ou de charbon de fonderie, ce qui crée une zone réductrice au contact du métal et améliore l’état de surface, comme observé dans plusieurs ateliers amateurs de bronze.

Pour une petite fonte grise, un sable de base en silice peut convenir, mais les risques de brûlure de sable et de pénétration du métal augmentent. Dans ce cas, un sable de fonderie maison enrichi en carbone, avec une granulométrie légèrement plus grossière et un contrôle très rigoureux de l’humidité, reste une solution acceptable pour de petites pièces, tout en gardant à l’esprit que les fonderies professionnelles utilisent plutôt des sables spéciaux ou de la chromite.

Préparation d’un sable noyau maison (sable + colle à noyaux / silicate de sodium) pour pièces creuses

Pour réaliser des pièces creuses (carters, collecteurs, pièces tubulaires), un sable à noyau spécifique est nécessaire. Contrairement au sable à vert, ce sable noyau est généralement sec et lié par une résine ou un liant chimique, par exemple le silicate de sodium (verre soluble) durci au CO₂.

Une recette courante de sable noyau maison consiste à mélanger 100 parts de sable fin (AFS 60–80) avec 3 à 5 parts de silicate de sodium liquide. Le mélange est tassé dans une boîte à noyau, puis un gazage au CO₂ pendant 10 à 30 secondes par litre de sable provoque le durcissement. On obtient alors un noyau rigide, précis, et capable de résister aux températures du bronze ou de la fonte grise. D’autres fondeurs amateurs utilisent des colles à noyaux à base de résines organiques, mais le système silicate + CO₂ reste l’un des plus accessibles et économiques pour l’atelier de garage.

Matériel et outillage nécessaires pour préparer du sable de fonderie maison (fonderie alu, bronze, fonte)

Choix du bac de malaxage : auge de maçon, cuve IBC ou baril métallique découpé

Pour mélanger efficacement 25, 50 ou 100 kg de sable de fonderie maison, le choix du bac de malaxage a une incidence directe sur le confort et la qualité du mélange. Une simple auge de maçon de 90 l permet déjà de travailler environ 25 kg de sable à vert. Pour des volumes plus importants, beaucoup de micro-fonderies de garage réutilisent une cuve IBC coupée ou un baril métallique découpé longitudinalement.

Un bac large et peu profond facilite le mélange croisé et limite les zones mortes où la bentonite resterait concentrée. Un fond lisse, sans angles vifs, réduit aussi l’usure des outils et la création de grumeaux. Certains fondeurs passionnés vont jusqu’à construire un sand muller artisanal : un malaxeur à rouleaux inspiré des machines industrielles, capable d’homogénéiser 10 kg en quelques minutes avec une qualité difficile à atteindre à la pelle.

Outils de malaxage manuel : pelle, râteau, dame, pilon à main pour homogénéiser la bentonite

Sans muller, un jeu d’outils simples permet déjà d’obtenir un sable de fonderie maison homogène. Une pelle plate sert à retourner et croiser les couches, un râteau ou une binette casse les grumeaux d’argile et répartit la bentonite, tandis qu’une dame ou un pilon à main compacte ponctuellement le sable pour vérifier sa cohésion.

Une méthode efficace consiste à effectuer des « plis » successifs, comme pour une pâte : étaler le mélange sur la moitié du bac, replier, tourner de 90° et recommencer. Après 8 à 10 cycles, la répartition de la bentonite devient nettement plus régulière. Des essais menés dans plusieurs ateliers amateurs montrent que ce type de mélange croisé réduit les variations locales de teneur en argile de plus de 50 % par rapport à un simple brassage au râteau.

Outils de contrôle : balance de précision, hygromètre, tamis normé (mailles 0,2 à 1 mm)

Un sable de fonderie maison vraiment répétable repose sur quelques instruments de contrôle. Une balance de précision (au gramme près) sert à doser la bentonite et à contrôler l’ajout d’eau. Un hygromètre d’ambiance aide à anticiper les corrections : par forte humidité, le sable absorbe moins d’eau ; en atmosphère très sèche, le séchage est rapide entre deux sessions.

Des tamis normés, avec des mailles de 0,2 à 1 mm, permettent de filtrer les graviers, scories et débris après coulée. Certains fondeurs conçoivent même des séries de tamis empilables pour vérifier régulièrement la courbe granulométrique de leur sable de fonderie, surtout après de nombreux recyclages. Ce contrôle évite d’accumuler des fines qui finiraient par transformer le mélange en pâte collante.

Accessoires de moulage associés : châssis de moulage, plaque modèle, évents et bassins de coulée

Un sable de fonderie maison performant ne donne tout son potentiel qu’avec des accessoires de moulage adaptés. Des châssis (ou cadres de moulage) rigides, idéalement en aluminium ou en contreplaqué renforcé, garantissent un maintien correct du moule sous la poussée du métal liquide. Une plaque modèle plane simplifie le dressage du plan de joint.

Des tiges pour réaliser les évents, des cuillères à main pour creuser bassins de coulée et masselottes, ainsi que des guides d’alignement (piges) assurent la répétabilité de vos moules. L’expérience montre qu’une bonne conception des attaques, évents et masselottes compense souvent plus de 50 % des défauts imputés à tort au « mauvais sable », alors que le problème venait en réalité de la géométrie de coulée.

Procédure pas à pas pour fabriquer du sable de fonderie maison à vert

Pré-tamisage du sable brut : élimination des graviers et débris avant mélange

La première étape consiste à préparer une base propre. Le sable brut est versé dans un tamis de 2 à 3 mm de maille pour éliminer graviers, morceaux de coquille, racines et tout débris grossier. Cette opération simple prévient les inclusions solides dans les pièces, sources de défauts critiques si vous usinez ensuite vos moulages.

Pour un lot de 25 kg, un tamis manuel suffit. Au-delà de 50–100 kg, un cadre de tamis monté sur tréteaux, secoué à deux mains ou avec un vibreur, rend l’opération plus rapide. Il est fréquent de retirer 2 à 5 % de matière sous forme de déchets, qui ne doivent pas être réintroduits dans la chaîne de fonderie.

Incorporation à sec de la bentonite ou argile : méthode de mélange croisé pour une répartition homogène

La bentonite ou l’argile choisie doit être d’abord broyée finement (moulin à café, broyeur) puis tamisée à 0,5 mm pour supprimer les grumeaux. L’incorporation se fait toujours à sec, avant tout ajout d’eau. Le sable est étalé en couche de 5–10 cm dans le bac, puis la bentonite est saupoudrée uniformément à la surface.

Un mélange croisé est ensuite réalisé : la couche est repliée sur elle-même avec la pelle, puis redistribuée, et l’opération est répétée au moins 6 à 8 fois. Cette technique, inspirée des pratiques de boulangerie et souvent montrée dans les démonstrations de fonderie amateur en ligne, garantit une meilleure homogénéité qu’un brassage localisé. L’objectif est qu’aucune zone ne contienne plus de 2 % d’écart de bentonite par rapport à la moyenne.

Ajout de l’eau par pulvérisation fine et malaxage par couches successives

L’eau est ensuite ajoutée par pulvérisation fine (pulvérisateur de jardin, brumisateur). Verser l’eau directement crée des poches surhydratées très difficiles à rattraper. La règle pratique consiste à ajouter l’eau en 4 à 5 passes : une légère brumisation, un brassage complet, un nouveau passage, etc.

À chaque cycle, une petite quantité de sable est prélevée pour le test de la boule. Dès que le mélange commence à se tenir, la progression est ralentie : l’ajustement final se fait par très petites doses. Un simple excès de 0,5 % d’eau peut suffire à transformer un sable ferme en mélange collant, surtout si la température ambiante est basse.

Phase de repos (maturation) du sable : stabilisation de l’humidité et de la cohésion sur 12 à 24 heures

Une fois le sable de fonderie maison mélangé et porté à la bonne humidité apparente, une phase de maturation améliore notablement ses performances. Pendant 12 à 24 heures, le bac est couvert (bâche, couvercle) afin de limiter l’évaporation. L’eau diffuse alors entre les grains et l’argile se répartit plus uniformément.

De nombreux essais comparatifs montrent qu’un sable à vert utilisé après 24 heures de repos présente une résistance à la compression 10 à 20 % supérieure à un sable fraîchement mélangé, à teneur en eau identique.

Ce temps de repos est particulièrement utile si vous travaillez avec des argiles naturelles moins réactives que la bentonite sodique. Il suffit ensuite de « réveiller » le sable par un léger brassage avant moulage.

Contrôle final : tests de dureté, friabilité et reproduction des détails sur un modèle simple

Avant d’attaquer une pièce complexe, un contrôle final sur un modèle simple évite de gaspiller métal et temps. Un petit modèle plat avec quelques reliefs, gravures ou lettres en relief permet de juger de la finesse de reproduction. Après serrage du sable autour du modèle et décochage, un examen à la loupe montre immédiatement si la cohésion est suffisante et si les arrêtes restent nettes.

Un test de friabilité complémentaire consiste à frotter légèrement la surface du moule : si le sable se désagrège en poussière, le mélange est trop sec ou manque d’argile ; si la surface se lustre et colle au doigt, l’humidité est excessive. Ce type de contrôle visuel et tactile reste un précieux allié, même dans un atelier équipé d’instruments de mesure.

Optimisation des performances : réglage de l’humidité, perméabilité et résistance à la compression

Optimiser les performances d’un sable de fonderie maison revient à jongler entre trois paramètres : humidité, perméabilité et résistance mécanique. L’humidité augmente la cohésion mais diminue la perméabilité ; la résistance à la compression suit globalement la teneur en argile et en eau jusqu’à un optimum, puis chute si le sable devient pâteux.

Pour les métaux courants comme l’aluminium et le laiton, un sable à vert présentant une résistance en compression verte (green compression) de 70–100 kPa offre en général un bon compromis pour les pièces de taille moyenne. Dans un atelier amateur, cette valeur se contrôle de façon empirique : un moule bien serré doit résister sans s’écraser si vous appuyez fortement avec le pouce, tout en s’effritant proprement si vous le grattez avec un tournevis.

La perméabilité, elle, se juge à la qualité des coulées : présence ou non de soufflures, de piqûres, ou de métal « éponge ». Face à des défauts de gaz, la tentation est souvent d’ajouter des évents ; toutefois, dans beaucoup de cas, une légère baisse d’humidité (0,5 %) ou une réduction du taux d’argile règle le problème sans modifier la géométrie. Une approche systématique, où vous ne changez qu’un paramètre à la fois, permet d’affiner progressivement votre recette de sable de fonderie maison en fonction de votre métal, de votre four et de vos modèles.

Entretien, régénération et recyclage du sable de fonderie maison après plusieurs coulées

Refonte, tamisage et élimination des croûtes de métal et scories après coulée

Après chaque séance de fonderie, le sable à vert est décoché, refroidi puis remis en stock. La première opération de régénération est le tamisage. À travers une maille de 3–4 mm, les gros blocs de sable brûlé, les croûtes de métal et les inclusions de scories sont retirés. Ces éléments durcis perturbent le serrage des futurs moules et peuvent rayer les modèles.

Pour un stock de 50–100 kg, ce tamisage systématique après chaque journée de coulée maintient une qualité constante. Des observations réalisées dans des micro-fonderies montrent qu’un sable non tamisé voit son taux de défauts de surface augmenter jusqu’à 30 % au bout de 10–15 coulées, simplement à cause de ces corps étrangers.

Correction d’humidité au fil des séances de fonderie : ajout d’eau ou séchage contrôlé

Entre deux sessions, le sable de fonderie maison perd ou gagne de l’eau selon les conditions de stockage. Avant chaque nouvelle utilisation, une vérification par le test de la boule et du boudin s’impose. Si le sable est trop sec, un léger brouillard d’eau et un brassage suffisent en général à restaurer la plasticité.

À l’inverse, un sable trop humide peut être étalé en couche mince sur une bâche pour sécher à l’air libre, en le retournant régulièrement. Par temps très humide, un séchage à l’intérieur ou dans un local tempéré donne des résultats plus réguliers. Une bonne pratique consiste à noter le poids du bac plein après un réglage optimal : il devient alors possible, par simple pesée, d’estimer l’évolution de l’humidité d’une séance à l’autre.

Restauration de la lianture : ajout fractionné de bentonite neuve après brûlage des argiles

À chaque coulée, une partie de l’argile au contact direct du métal brûle et perd son pouvoir liant. Progressivement, la résistance du sable diminue. Pour un usage amateur, un ajout de 0,3 à 0,5 % de bentonite neuve par cycle de 5–10 coulées maintient la cohésion à un bon niveau. Cet ajout se fait toujours à sec, suivi d’un mélange croisé complet et d’une ré-hydratation contrôlée.

Après une quinzaine de recyclages sans apport d’argile neuve, un sable à vert peut perdre jusqu’à 40 % de sa résistance mécanique, même si l’humidité semble correcte au test tactile.

Cette restauration de la lianture est l’un des points souvent négligés en garage : le sable « marche encore », mais les défauts de moulage se multiplient. Une gestion comptable approximative (par exemple, ajout d’une poignée de bentonite tous les 20 kg après deux week-ends de coulées) suffit déjà à prolonger considérablement la durée de vie du sable.

Gestion d’un stock de sable de fonderie de 50–100 kg pour une micro-fonderie de garage

Pour un atelier de fonderie alu/bronze typique, un stock de 50 à 100 kg de sable de fonderie maison couvre la plupart des projets : carters de moto, petites pièces automobiles, maquettes de locomotives ou de bateaux, lingots. Un tel volume se gère facilement dans des bacs empilables ou des fûts plastiques avec couvercle, à l’abri de la pluie et du soleil direct.

Une organisation par lots (par exemple deux bacs de 25 kg chacun) permet d’alterner les séries : pendant qu’un lot est fortement sollicité pour des pièces complexes, l’autre reste en réserve pour les moulages simples. Cette stratégie limite l’usure prématurée d’un seul lot et offre une solution de secours en cas d’erreur de réglage d’humidité. Dans un contexte de hausse régulière des prix des matériaux observée depuis 2021, cette gestion fine du sable de fonderie maison constitue un levier d’économie non négligeable.

Sécurité et bonnes pratiques avec le sable de fonderie maison : silice cristalline, poussières fines et EPI

Travailler un sable de fonderie maison expose à plusieurs risques spécifiques, souvent sous-estimés en micro-fonderie. Le principal concerne la silice cristalline respirable : lors du tamisage, du mélange à sec ou du décochage, des poussières très fines peuvent être inhalées. À long terme, l’exposition chronique à ces poussières augmente le risque de silicose et d’affections respiratoires. Les réglementations se sont durcies en Europe depuis 2020, et même dans un garage, une approche professionnelle reste indispensable.

Un masque de type FFP2 ou FFP3, correctement ajusté, est fortement recommandé pendant toutes les phases poussiéreuses. Une ventilation efficace du local, voire un travail en extérieur pour le tamisage, réduit encore l’exposition. Des gants résistants à la chaleur, un tablier en cuir, des chaussures de sécurité fermées et un écran facial complètent l’équipement indispensable lors de la coulée elle-même, car le sable humide en contact avec le métal peut projeter de la vapeur et des éclaboussures.

La gestion des déchets (sable brûlé, scories, poussières de balayage) doit également être soignée. Les poussières ne devraient jamais être soufflées à l’air comprimé : un balayage humide ou un aspirateur équipé d’un filtre HEPA évite de remettre les particules en suspension. En vous appuyant sur ces bonnes pratiques et sur un sable de fonderie maison bien formulé, il devient possible de produire des pièces de haute qualité, en aluminium, laiton, bronze ou petite fonte grise, tout en gardant la maîtrise des risques dans votre micro-fonderie de garage.

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