ISO VG 150 : équivalents d’huiles

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Une huile ISO VG 150 se situe au cœur de nombreuses applications industrielles critiques : réducteurs, compresseurs, paliers, glissières, turbines lentes. Un mauvais choix de grade ou d’équivalent peut entraîner surchauffe, usure accélérée, fuites et arrêts non planifiés. À l’inverse, une sélection rigoureuse permet d’augmenter la durée de vie des organes mécaniques de 20 à 40 %, selon plusieurs études de fiabilité menées dans l’industrie lourde. Vous cherchez à remplacer une huile de marque distributeur, à harmoniser un parc ou à migrer vers une huile synthétique plus performante ? Une bonne compréhension du grade ISO VG 150, de ses équivalents SAE, AGMA et DIN, ainsi que des critères de compatibilité, est indispensable pour sécuriser votre lubrification et optimiser vos coûts de maintenance.

ISO VG 150 : définition, viscosité cinématique et cadre normatif selon ISO 3448

La désignation ISO VG 150 provient de la norme ISO 3448, qui classe les huiles industrielles selon leur viscosité cinématique à 40 °C. Chaque grade ISO VG est défini par une valeur nominale et une plage de tolérance de ±10 %. Pour un lubrifiant ISO VG 150, la viscosité cible est de 150 mm²/s (ou cSt) à 40 °C, ce qui en fait une huile de viscosité moyenne-haute, adaptée aux charges modérées à fortes et aux vitesses moyennes. Ce grade se situe entre ISO VG 100 et ISO VG 220 et constitue souvent un compromis idéal dans les réducteurs et compresseurs fonctionnant autour de 60 à 90 °C en régime établi. Dans la pratique, vous retrouverez cette viscosité dans de nombreuses huiles de circulation, huiles pour engrenages et huiles de glissières.

Plage de viscosité cinématique d’une huile ISO VG 150 à 40 °C (135 à 165 mm²/s)

Pour être conforme au grade ISO VG 150, une huile doit présenter une viscosité cinématique comprise entre 135 et 165 mm²/s à 40 °C. Cette plage tolérée permet de tenir compte des variations de formulation, des méthodes de mesure et des contraintes industrielles. Sur une fiche technique, vous verrez généralement une valeur de type 150 mm²/s, mesurée selon la norme ISO 3104. Une statistique fréquemment citée dans les audits de lubrification indique que plus de 60 % des défaillances de réducteurs sont liées à un mauvais choix de viscosité (trop faible ou trop élevée). Vérifier ce simple intervalle 135–165 mm²/s lorsque vous recherchez un équivalent ISO VG 150 constitue donc une première barrière de sécurité pour votre installation.

Différence entre grade ISO VG 150, SAE 90 et AGMA 4 en lubrification industrielle

La confusion entre ISO VG, SAE et AGMA est fréquente lorsqu’il s’agit de trouver une huile équivalente ISO VG 150. En lubrification d’engrenages industriels, le grade AGMA le plus proche est typiquement AGMA 4, souvent noté AGMA 4 EP pour les huiles extrême pression, ce qui correspond à une viscosité autour de 150 cSt à 40 °C. Côté automobile et transmissions, une huile ISO VG 150 se rapproche généralement de la plage de viscosité d’une SAE 90 à 100 °C, mais ces systèmes de classification ne sont pas directement interchangeables car ils prennent aussi en compte le comportement à froid et la présence d’additifs. Avant de convertir un grade SAE 90 vers un ISO VG 150, vous devez donc vérifier non seulement la viscosité, mais aussi le type de service (hypoïde, EP, non-EP) et le contexte d’utilisation.

Influence de l’indice de viscosité (VI) sur les performances d’une huile ISO VG 150

L’indice de viscosité (VI) d’une huile ISO VG 150 indique sa capacité à conserver une viscosité stable lorsque la température varie. Une huile minérale standard affiche souvent un VI entre 95 et 105, tandis qu’une huile à base PAO ou ester peut atteindre des valeurs de 140 à 160. Concrètement, un VI élevé se traduit par une meilleure épaisseur de film lubrifiant à chaud, donc moins d’usure en régime sévère. Selon plusieurs études de fabricants, un gain de 10 points de VI peut réduire l’usure de 5 à 8 % dans des engrenages fortement chargés. Pour vous, cela signifie que deux huiles ISO VG 150 de même viscosité à 40 °C peuvent offrir des performances très différentes à 80–90 °C selon leur VI, un paramètre à intégrer systématiquement dans votre choix d’équivalent.

Normes complémentaires : ISO 6743-4 (HL, HM, HV), DIN 51524, DIN 51517 et classification des huiles ISO VG 150

Au-delà de la seule viscosité ISO VG 150, le cadre normatif conditionne les usages possibles d’une huile. La série ISO 6743-4 distingue par exemple les huiles hydrauliques HL (anti-oxydantes et anti-corrosion), HM (avec additifs anti-usure AW) et HV (à haut indice de viscosité). La norme DIN 51524 reprend une logique similaire avec les classes HL, HLP, HVLP. Pour les engrenages, la norme clé est DIN 51517, avec les grades C (sans additifs), CL (anti-oxydants et anti-corrosion) et CLP (avec additifs EP). Une même base ISO VG 150 peut donc se retrouver en huile hydraulique HL, en huile de circulation ou en huile pour engrenages CLP, selon son paquet d’additifs et ses homologations constructeurs, ce qui rend indispensable la lecture attentive de la fiche de données de sécurité et de la fiche technique.

Applications typiques d’une huile ISO VG 150 : réducteurs, compresseurs, glissières et turbines lentes

Le grade ISO VG 150 couvre un large spectre d’applications industrielles, notamment lorsque les vitesses sont modérées et les charges élevées. Dans les réducteurs industriels, il est utilisé sur des couples élevés et des vitesses de ligne d’engrènement intermédiaires, où une ISO VG 100 serait trop fluide et une ISO VG 220 trop visqueuse à froid. Dans les compresseurs à vis ou à pistons, ce grade assure une bonne étanchéité interne et une maîtrise de la température de refoulement, à condition de respecter les préconisations OEM. Pour les paliers lisses fonctionnant à basse vitesse de rotation, la viscosité de 150 cSt permet de maintenir un régime hydrodynamique stable. Enfin, certaines turbines lentes ou turbo-souffleurs utilisent également ce grade, souvent sous forme d’huile de circulation additivée anti-oxydante.

Huiles pour engrenages industriels ISO VG 150 : réducteurs SEW, flender, bonfiglioli

Les réducteurs industriels de marques comme SEW, Flender ou Bonfiglioli spécifient fréquemment des huiles ISO VG 150 pour des températures ambiantes comprises entre 10 et 40 °C, avec une température d’huile en service pouvant atteindre 90 °C. Dans ces cas, les recommandations mentionnent souvent une huile de type DIN 51517-3 CLP 150 avec additifs EP pour supporter les chocs, les démarrages fréquents et les inversions de sens. Selon les données de plusieurs fabricants, une huile CLP ISO VG 150 correctement sélectionnée peut augmenter de 25 % la durée de vie des engrenages par rapport à une huile CL de même viscosité sans additifs EP. Pour vous, la clé consiste à vérifier la catégorie CLP ou EP sur l’étiquette avant de proposer un équivalent dans un réducteur hautement chargé.

ISO VG 150 pour compresseurs à vis et à pistons : atlas copco, kaeser, ingersoll rand

Dans les compresseurs à vis lubrifiés à l’huile, comme ceux d’Atlas Copco, Kaeser ou Ingersoll Rand, le grade ISO VG 150 est parfois recommandé pour des conditions ambiantes élevées ou des régimes de charge continus. Ce grade plus visqueux qu’une ISO VG 46 ou 68 permet de maintenir un film d’huile suffisant dans les étages de compression et de réduire les fuites internes. Cependant, de nombreux OEM imposent des huiles spécifiques pour compresseurs, avec un contrôle rigoureux de la tendance à la formation de vernis et une très bonne démulsibilité. Une étude publiée lors d’un salon industriel en 2023 indiquait que plus de 30 % des arrêts de compresseurs sont liés à des problèmes de lubrifiants inadaptés. Vous avez donc tout intérêt à privilégier des huiles compresseur dédiées, même si la viscosité ISO VG 150 semble correcte sur le papier.

Lubrification des paliers lisses et roulements lents avec huiles ISO VG 150 minérales et synthétiques

Les paliers lisses et roulements lents exigent une huile capable de maintenir un régime hydrodynamique ou mixte stable malgré des vitesses de rotation limitées. Une ISO VG 150 offre une épaisseur de film plus importante qu’une ISO VG 68 ou 100, ce qui réduit le risque de contact métal-métal. Dans les environnements sévères (acier, ciment, papeterie), le passage à une huile synthétique ISO VG 150 à base PAO, dotée d’un VI élevé, permet souvent de réduire la température de palier de 5 à 10 °C et d’espacer les vidanges d’un facteur 2 à 4. Pour vous, le choix entre minéral et synthétique dépendra du coût, de la criticité de l’équipement et de la facilité d’accès pour les opérations de maintenance.

Utilisation d’ISO VG 150 pour glissières et guides de machines-outils (huiles CGLP / way oil)

Les huiles de glissières, souvent désignées CGLP ou Way Oil, existent également en grade ISO VG 150 pour des machines-outils lourdes ou des guidages fortement chargés. Ces huiles se distinguent des huiles de circulation classiques par des additifs anti-stick-slip et une excellente aptitude à l’adhérence sur les surfaces verticales. Une ISO VG 150 CGLP évite le phénomène de saccades à faible vitesse et garantit une précision de positionnement, essentielle en usinage de grande dimension. Dans les centres d’usinage modernes, l’utilisation d’une huile de glissière compatible avec les fluides de coupe aqueux permet aussi de limiter la formation de boues et d’émulsions instables, un point clé si vous cherchez à sécuriser la propreté de vos circuits.

Équivalents d’huiles ISO VG 150 : correspondances entre marques, gammes et désignations commerciales

Identifier un équivalent d’huile ISO VG 150 implique de naviguer entre différentes marques, gammes produits et systèmes de normalisation. Une même viscosité peut se retrouver dans une huile de circulation, une huile hydraulique HL ou HLP, une huile pour engrenages CL ou CLP, voire une huile de glissière. Chaque constructeur (Shell, TotalEnergies, Mobil, Castrol, Fuchs, etc.) associe souvent des suffixes comme S2, XP, EP, MS pour signaler les performances et additifs. Pour vous simplifier la tâche, l’approche la plus fiable consiste à comparer les fiches techniques selon quatre axes : viscosité, normes de performance (DIN, ISO, AGMA), type d’additifs (EP, AW) et homologations OEM. Une base de données interne ou un logiciel de gestion de lubrifiants peuvent également aider à éviter les erreurs de substitution.

Tableau de correspondance : shell omala / morlina 150 vs total energies carter / azolla 150

Le tableau suivant illustre des équivalents typiques en ISO VG 150 entre deux grands acteurs du marché industriel, pour des usages engrenages et circulation/hydraulique. Il s’agit d’exemples génériques qu’il convient toujours de valider par rapport aux fiches techniques à jour :

Type d’huile Shell (ISO VG 150) TotalEnergies (ISO VG 150) Norme principale
Engrenages EP Shell Omala S2 G 150 Total Carter EP 150 DIN 51517-3 CLP 150 / AGMA 4 EP
Circulation / hydraulique AW Shell Morlina S2 B 150 Total Azolla ZS 150 ISO 6743-4 HM / DIN 51524-2 HLP

Ce type de tableau de correspondance vous permet de sécuriser vos choix d’équivalents ISO VG 150 en visualisant rapidement les familles de produits comparables. Gardez toutefois en tête que les performances en oxydation, démulsibilité et compatibilité matériaux peuvent différer, même lorsque les normes de base sont identiques.

Équivalents ExxonMobil (mobil DTE, mobilgear), BP (castrol hyspin, castrol alpha) et fuchs (renolin, renolit)

Chez ExxonMobil, les huiles ISO VG 150 se retrouvent notamment dans les gammes Mobilgear pour engrenages (par exemple Mobilgear 600 XP 150) et Mobil DTE pour les huiles hydrauliques et de circulation. BP-Castrol propose des références telles que Castrol Alpha pour les engrenages industriels et Castrol Hyspin pour l’hydraulique. Fuchs offre de son côté la série Renolin pour les huiles hydrauliques et de circulation, et Renolit pour certains usages spécialisés. Lorsque vous migrez d’une marque à une autre, la meilleure pratique consiste à aligner d’abord la famille fonctionnelle (engrenages, hydraulique, glissières) avant de chercher un simple « ISO VG 150 » en équivalent, afin d’éviter de remplacer une huile EP par une huile sans additif extrême pression.

Conversion entre ISO VG 150 et grades AGMA, DIN CLP, CL ou HL selon les fiches techniques

La correspondance entre ISO VG 150 et les systèmes AGMA ou DIN repose sur la viscosité et le niveau d’additivation. De manière simplifiée, une huile pour engrenages AGMA 4 EP correspond en général à une DIN 51517-3 CLP 150 et à une ISO VG 150. Une huile de circulation DIN 51517-2 CL 150 sans EP, en revanche, sera plutôt utilisée dans des paliers ou engrenages faiblement chargés. Les huiles hydrauliques DIN 51524-2 HLP 150 ou ISO 6743-4 HM 150 sont quant à elles optimisées pour les systèmes hydrauliques, même si elles peuvent servir d’huiles de circulation. Vérifier ces correspondances sur les fiches techniques vous évitera de choisir un équivalent inadapté en raison d’une lecture trop rapide de la seule notation ISO VG 150.

Identifier un équivalent ISO VG 150 à partir d’une viscosité SUS, cst ou engler sur datasheet

Les fiches techniques plus anciennes ou d’origine non européenne expriment parfois la viscosité en unités SUS (Saybolt Universal Seconds) ou Engler. Pour retrouver un équivalent ISO VG 150, vous pouvez utiliser des tableaux de conversion : par exemple, une huile présentant environ 700–750 SUS à 100 °F se situe généralement dans la plage ISO VG 150. En unités Engler à 50 °C, une valeur proche de 10–11 °E peut également correspondre. Plusieurs ressources techniques proposent ces équivalences de viscosité, et de nombreux services de laboratoire peuvent confirmer la conversion si vous fournissez un échantillon. Cette étape de validation est cruciale si vous gérez un parc de machines hétérogène avec des notices techniques provenant de différents continents.

Cas pratique : remplacer une huile ISO VG 150 de marque distributeur par une référence OEM validée

Imaginons un cas fréquent : vous utilisez une huile ISO VG 150 « marque distributeur », référencée uniquement par sa viscosité et la mention « huile de circulation ». Votre objectif est de passer à une huile validée OEM pour un réducteur critique. La démarche professionnelle consiste à relever les données manquantes : normes DIN/ISO, présence d’additifs EP, indice de viscosité, point d’écoulement, point d’éclair. Ensuite, vous identifiez dans la documentation OEM les huiles de référence (par exemple Shell Omala S2 G 150 ou Mobilgear 600 XP 150) et comparez les fiches techniques. Si la nouvelle huile présente des performances supérieures (VI plus élevé, meilleure stabilité à l’oxydation), une procédure de changement contrôlée avec rinçage partiel ou complet vous permettra de fiabiliser la transition sans risque de mélange incompatible.

Critères techniques pour choisir une huile équivalente ISO VG 150 en remplacement

Choisir une huile équivalente ISO VG 150 ne se limite jamais à vérifier la viscosité. Les critères de performance, la compatibilité chimique et les conditions d’exploitation réelles doivent être pris en compte. Plusieurs études de fiabilité démontrent qu’un simple changement de qualité d’huile, à viscosité identique, peut réduire de 20 à 30 % les arrêts imprévus liés aux lubrifiants. Vous disposez donc d’un véritable levier de performance industrielle en affinant vos critères de sélection : type d’additifs, compatibilité avec les joints et métaux jaunes, comportement aux températures extrêmes, nature de la base (minérale, PAO, ester, synthétique alimentaire H1). L’objectif n’est pas seulement de « faire tourner la machine », mais de prolonger sa durée de vie utile tout en maîtrisant les coûts et les risques HSE.

Analyse des additifs : EP, AW, anti-oxydants, détergents, démulsibilité et compatibilité matériaux

Les additifs transforment une simple base minérale ISO VG 150 en une huile réellement adaptée à un usage spécifique. Les additifs EP (extrême pression) protègent les engrenages en cas de surcharges et de micro-soudures, tandis que les additifs AW (anti-usure) sont essentiels dans les systèmes hydrauliques et les paliers. Les anti-oxydants retardent la formation de vernis et de dépôts, ce qui est crucial pour allonger les intervalles de vidange. Une bonne démulsibilité garantit la séparation rapide de l’eau, indispensable dans les environnements humides. Certains additifs détergents/dispersants peuvent en revanche interagir avec les peintures internes ou les joints. Avant de valider un équivalent ISO VG 150, posez-vous systématiquement la question : la machine a-t-elle besoin d’une protection EP, AW, ou au contraire d’une huile neutre sans additifs agressifs ?

Compatibilité avec joints NBR, FKM, PTFE, peintures et métaux jaunes (cuivre, bronze)

Une huile ISO VG 150, notamment lorsqu’elle contient des additifs EP soufrés-phosphorés, peut attaquer certains matériaux sensibles. Les joints NBR (nitrile) sont généralement compatibles avec la plupart des huiles minérales classiques, mais peuvent se dégrader plus rapidement avec certains esters ou additifs agressifs. Les joints FKM (Viton) et PTFE offrent une meilleure résistance chimique, adaptés aux huiles synthétiques hautes performances. Les métaux jaunes tels que le bronze ou le cuivre peuvent être affectés par des additifs EP trop réactifs, d’où l’importance de vérifier les tests de corrosion sur cuivre (ASTM D130) sur la fiche technique. Une compatibilité insuffisante se traduit souvent par des fuites précoces, un colmatage de filtres ou une coloration inhabituelle de l’huile, que vous pouvez détecter dès les premiers mois après un changement de lubrifiant.

Température de service, point d’écoulement, point d’éclair et réserve de viscosité en charge

Les paramètres thermiques d’une huile ISO VG 150 conditionnent directement sa capacité à protéger vos équipements. Le point d’écoulement (pour point) détermine la température minimale à laquelle l’huile reste pompable, un critère critique pour les installations extérieures ou non chauffées. Le point d’éclair indique la température à partir de laquelle les vapeurs peuvent s’enflammer, ce qui influence les règles de sécurité et de ventilation. La réserve de viscosité en charge dépend à la fois de la viscosité de base, de l’indice de viscosité et, pour certaines huiles, de la résistance au cisaillement mécanique. Une huile synthétique ISO VG 150 avec un VI élevé conserve en général une viscosité plus stable à 90–100 °C qu’une huile minérale standard, ce qui limite l’amincissement du film lubrifiant dans des conditions sévères.

Choix entre base minérale, PAO, ester synthétique et huile blanche pour applications alimentaires H1

Le choix de la base d’huile a un impact majeur sur la performance et la conformité réglementaire. Une base minérale ISO VG 150 reste la solution la plus économique pour des applications standard, avec des intervalles de vidange plus courts. Les bases PAO offrent un excellent indice de viscosité, une très bonne stabilité à l’oxydation et une plage de température élargie, idéales pour les installations critiques ou difficiles d’accès. Les esters synthétiques apportent en plus une très bonne détergence naturelle et une excellente résistance thermique, mais nécessitent une analyse de compatibilité avec les joints. Pour l’agroalimentaire, les huiles « blanches » ISO VG 150 homologuées NSF H1 permettent de répondre aux exigences HACCP en cas de contact fortuit avec les denrées. Chaque technologie présente donc un compromis entre coût, performance et contraintes normatives.

Méthodologie de conversion et de rétrofit d’une installation vers une nouvelle huile ISO VG 150

Passer d’une huile ISO VG 150 à une nouvelle référence, qu’il s’agisse d’un changement de marque, de technologie (minérale vers synthétique) ou de niveau de performance (CL vers CLP), requiert une méthodologie structurée. De nombreuses défaillances après changement de lubrifiant proviennent de mélanges intempestifs ou d’une absence de rinçage dans des circuits contaminés. Une approche rigoureuse, inspirée des bonnes pratiques ISO 55000 sur la gestion d’actifs, implique une phase d’analyse d’huile, une planification détaillée de la vidange et du rinçage, puis un suivi conditionnel en service. Cette démarche vous aide à sécuriser vos investissements dans des huiles plus performantes, tout en réduisant les risques de surprises coûteuses lors de la mise en route après conversion.

Étapes d’analyse : prélèvement, spectrométrie, indice d’acidité (TAN) et propreté ISO 4406

Avant toute conversion, une analyse d’huile en service apporte des informations précieuses sur l’état de la machine et du lubrifiant. Un prélèvement représentatif, réalisé sur circuit chaud et en écoulement turbulent, permet de mesurer la viscosité réelle, l’indice d’acidité TAN, la teneur en eau, la charge particulaire (code de propreté ISO 4406) et le spectre d’usure (spectrométrie ICP). Si le TAN dépasse de plus de 1 à 2 mgKOH/g la valeur d’origine ou si la contamination particulaire est élevée (par exemple un code 22/20/17 au lieu de 18/16/13), la planification d’un rinçage renforcé devient pertinente. Cette analyse initiale vous permet aussi de détecter d’éventuels problèmes mécaniques (usure anormale, pollution externe) avant d’introduire une nouvelle huile ISO VG 150 dans le circuit.

Procédure de vidange, rinçage et chasse croisée d’une huile ISO VG 150 ancienne vers une nouvelle

Une procédure de rétrofit bien conçue suit généralement une séquence logique en plusieurs étapes :

  1. Vidange complète à chaud de l’ancienne huile ISO VG 150, avec purge maximale des points bas.
  2. Inspection visuelle des boues, vernis et dépôts, nettoyage mécanique si nécessaire.
  3. Remplissage avec une quantité réduite de la nouvelle huile pour rinçage, mise en circulation limitée, puis nouvelle vidange.
  4. Remplissage définitif au niveau nominal avec la nouvelle huile ISO VG 150.

Cette « chasse croisée » limite le pourcentage de mélange entre ancienne et nouvelle huile, particulièrement important lors du passage de minéral à synthétique ou entre technologies d’additifs différentes. Dans certaines industries, la cible de mélange résiduel est inférieure à 5 %, parfois 2 %, pour garantir la pleine efficacité des additifs et éviter les incompatibilités physico-chimiques.

Suivi conditionnel : contrôle de la viscosité, de l’oxydation et de la teneur en eau après conversion

Après la mise en service avec la nouvelle huile ISO VG 150, un suivi conditionnel régulier vous permettra de valider le bon comportement du lubrifiant et de la machine. Un premier contrôle d’huile après 500 à 1 000 heures de fonctionnement vérifie la stabilité de la viscosité, l’évolution du TAN et du TBN éventuel, ainsi que la teneur en eau dissoute ou libre. Un suivi trimestriel ou semestriel, adapté à la criticité de l’équipement, permet de détecter précocement toute dérive : montée en particules d’usure, oxydation accélérée, contamination par des fluides externes. Ce monitoring conditionnel, de plus en plus répandu dans l’industrie 4.0, s’inscrit dans une logique de maintenance prédictive et vous aide à rentabiliser pleinement le choix d’une huile ISO VG 150 de meilleure qualité.

Exemples concrets d’huiles ISO VG 150 disponibles sur le marché français

Le marché français propose une large gamme d’huiles ISO VG 150 couvrant les principaux besoins : engrenages, hydraulique, circulation, glissières, applications alimentaires. Les grands pétroliers et formulateurs spécialisés offrent des gammes structurées par famille d’usage, souvent avec des paliers de performance (minéral standard, hautes performances, synthétique). Pour un responsable maintenance ou un ingénieur fiabilité, connaître quelques références emblématiques permet de dialoguer plus efficacement avec les fournisseurs, de comparer les offres et de bâtir une stratégie de rationalisation des lubrifiants. Les exemples qui suivent illustrent des produits représentatifs, à adapter bien sûr aux exigences spécifiques de chaque OEM et aux conditions réelles de fonctionnement sur vos équipements.

Huiles pour engrenages : shell omala S2 G 150, total carter EP 150, mobilgear 600 XP 150

Pour les engrenages fermés industriels, certaines références d’huiles ISO VG 150 sont devenues des standards. Shell Omala S2 G 150 est une huile minérale EP répondant à la norme DIN 51517-3 CLP 150, adaptée aux réducteurs fortement chargés. Total Carter EP 150 occupe un positionnement similaire chez TotalEnergies, avec des performances éprouvées en sidérurgie et cimenterie. Mobilgear 600 XP 150 se distingue par une formulation optimisée pour la protection contre le micropitting et une excellente compatibilité avec les métaux jaunes. Selon des retours de terrain, ces huiles permettent souvent de doubler les intervalles de vidange par rapport à des huiles génériques ISO VG 150 non EP, sous réserve d’une surveillance régulière de l’état de l’huile et des températures d’exploitation.

Huiles hydrauliques et de circulation : mobil DTE 25, total azolla ZS 150, shell tellus S2 MX 150

Dans le domaine hydraulique et de la circulation, des huiles ISO VG 150 de type HM/HLP sont largement utilisées pour les systèmes à haute pression, les circuits de lubrification centralisée et les paliers. Mobil DTE 25 (ou équivalent en grade 150 dans certaines gammes régionales) est une référence classique pour les systèmes hydrauliques exigeants, avec une bonne stabilité au cisaillement et une excellente propreté. Total Azolla ZS 150 offre des performances comparables, notamment en termes de démulsibilité et de protection antirouille. Shell Tellus S2 MX 150, bien que plus rare en 150 que dans les grades 32 et 46, vise la même famille d’applications. Pour vous, l’enjeu principal consiste à vérifier l’adéquation de ces huiles avec les spécifications OEM de vos pompes, servovalves et composants sensibles.

Huiles pour glissières : mobil vactra oil no. 3, total drosera MS 150, castrol magna SW 150

Les huiles de glissières ISO VG 150 répondent à des exigences spécifiques de friction contrôlée et d’adhérence. Mobil Vactra Oil No. 3 est une huile largement utilisée sur les glissières de grandes machines-outils, offrant une excellente prévention du stick-slip. Total Drosera MS 150 associe additifs anticorrosion, adhésifs et agents anti-mousse pour un fonctionnement fluide des guidages. Castrol Magna SW 150 s’inscrit dans la même logique, avec une bonne compatibilité avec les fluides de coupe émulsionnés. Dans un atelier d’usinage, le choix d’une huile de glissière adaptée peut réduire de 10 à 20 % les rebuts liés aux défauts de positionnement, ce qui en fait un sujet stratégique pour la qualité de production autant que pour la maintenance.

Huiles ISO VG 150 homologuées pour l’agroalimentaire : klüber, fuchs cassida, interlub H1

Dans l’industrie agroalimentaire, les huiles ISO VG 150 doivent souvent être certifiées NSF H1 pour répondre aux exigences de contact fortuit avec les aliments. Des gammes spécialisées existent chez des formulateurs comme Klüber, Fuchs (série Cassida) ou d’autres acteurs proposant des huiles H1, y compris en grade ISO VG 150 pour engrenages, chaînes ou réducteurs de conditionnement. Ces produits utilisent généralement des bases synthétiques (PAO ou huiles blanches) et des additifs spécifiquement sélectionnés pour leur innocuité, tout en conservant des performances EP ou AW élevées. Pour vous, la mise en place d’une gamme d’huiles ISO VG 150 H1 dans un site agroalimentaire s’intègre dans une démarche globale HACCP, en réduisant les risques de non-conformité réglementaire et en facilitant les audits qualité.

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