L’inox est partout autour de vous : garde-corps, crédences de cuisine, électroménager, visserie extérieure, mobilier urbain, accessoires marins… Pourtant, distinguer un véritable acier inoxydable d’un simple « look inox » reste délicat à l’œil nu. Une erreur de matériau peut coûter cher : corrosion prématurée sur une terrasse, rouille autour d’une piscine, garde-corps qui se pique au bout de quelques hivers. Reconnaître l’inox facilement repose sur une combinaison de tests simples, d’observation attentive et de quelques notions clés sur les nuances 304, 316L, 430 ou encore les classes A2 et A4. Avec une méthodologie claire, il devient possible, que vous soyez particulier ou professionnel, d’identifier rapidement un inox de qualité et d’éviter les mauvaises surprises dans l’habitat comme dans l’industrie.
Différences fondamentales entre inox, acier brut et acier galvanisé dans l’habitat et l’industrie
Comparer visuellement l’inox, l’acier doux brut et l’acier galvanisé à chaud sur profilés, visserie et tôles
Avant même de sortir un aimant, l’observation visuelle donne déjà de solides indices. L’inox présente en général une teinte gris argenté homogène, avec un aspect lisse et régulier, qu’il soit brossé, poli miroir ou satiné. L’acier doux brut, lui, affiche une couleur plus sombre, tirant vers le gris foncé ou le noir bleuté, avec souvent des traces de laminage ou de calamine. Quant à l’acier galvanisé à chaud, il se reconnaît à son grain marbré, « moucheté », dû à la couche de zinc solidifiée, très visible sur les tôles, les profilés ou la visserie de charpente.
Sur un même chantier, comparer une tôle extérieure en apparence brillante avec une vis de structure permet souvent de trancher : un inox 304 ou 316 aura une brillance plus neutre et régulière, alors qu’un acier galvanisé montrera des zones plus claires et plus sombres. Dans l’industrie, cette distinction rapide entre inox, acier carbone et galvanisé limite les erreurs de choix de visserie ou de profilés dans les environnements humides ou légèrement corrosifs.
Identifier les zones typiques d’utilisation de l’inox : cuisines professionnelles, agroalimentaire, nautisme, bâtiment
L’emplacement d’un élément donne un indice précieux. L’inox est privilégié dans tous les environnements où hygiène, nettoyage intensif et résistance à la corrosion sont stratégiques. Vous le retrouverez presque systématiquement dans les cuisines professionnelles (plonges, plans de travail, crédences, hottes), dans les ateliers de transformation agroalimentaire, dans les laiteries ou fromageries, mais aussi sur les bateaux, pontons et accessoires de nautisme.
Dans le bâtiment, l’inox se retrouve majoritairement sur les garde-corps, les rampes d’escalier, les tirants de façade, la visserie apparente de haute qualité et certains bardages. Un garde-corps livré comme étant « en inox » mais monté à proximité immédiate d’une piscine ou en bord de mer doit en principe être en inox 316L, souvent appelé inox marin, justement pour résister aux chlorures et aux embruns.
Reconnaître les finitions usuelles de l’inox : brossé, poli miroir, satiné, grain 220 à 320
Les finitions constituent un autre repère. L’inox brossé, très courant sur les garde-corps, les crédences et l’électroménager, présente un grain linéaire régulier, souvent en grain 220 à 320, visible en lumière rasante. L’inox poli miroir affiche un brillant presque parfait, comparable à un miroir, particulièrement utilisé en décoration, en architecture intérieure ou en nautisme haut de gamme. L’inox satiné se situe entre les deux : aspect doux, légèrement mat, sans reflets trop marqués.
Un acier galvanisé ne permettra pas d’obtenir un poli miroir aussi net, et la présence d’un grain marbré trahira toujours le zinc. De même, un simple acier peint imitant un brossage ne présentera pas la continuité du grain sous une rayure profonde. Pour un œil exercé, ces détails de finition suffisent souvent à reconnaître un inox véritable.
Observer le vieillissement différentiel : rouille, ternissement, piqûres vs stabilité de l’inox
Le comportement dans le temps confirme ou infirme l’hypothèse d’inox. Un acier brut exposé à l’extérieur rouille en quelques semaines : rouille brun-rouge, friable, qui s’épaissit rapidement. L’acier galvanisé, lui, finit par ternir et peut développer une corrosion blanche (oxydation du zinc), puis laisser apparaître des taches rougeâtres si la couche protectrice est percée. Un inox authentique garde en revanche un aspect stable : il peut se ternir légèrement ou présenter de fines piqûres si le milieu est agressif, mais ne rouille pas en profondeur.
Dans la pratique, une rambarde de balcon ou un garde-corps de terrasse qui rouille franchement après deux ou trois hivers était probablement en acier peint ou en acier galvanisé, et non en inox. À l’inverse, un évier ou un plan de travail inox de plus de dix ans, encore uniforme et facilement nettoyable, est un bon exemple de la stabilité de l’inox 304 en environnement domestique.
Test de l’aimant : reconnaître un inox austénitique 304 ou 316 en un geste
Comprendre la différence entre inox magnétique (ferritique 430) et non magnétique (austénitique 304, 316L)
Le « test de l’aimant » est probablement le réflexe le plus connu pour reconnaître de l’inox facilement. Pourtant, il est souvent mal interprété. Les inox austénitiques, comme le 304 et le 316L, les plus utilisés en cuisine, garde-corps et nautisme, sont à l’origine non magnétiques. Un aimant de poche ne doit donc pratiquement pas adhérer. À l’inverse, les inox ferritiques, comme l’inox 430, sont magnétiques, tout comme l’acier carbone classique.
La nuance est importante : un inox peut donc être parfaitement inoxydable tout en étant magnétique. L’inox ferritique 430 reste un inox, mais sa résistance à la corrosion est moindre que celle d’un 304 ou 316L. Pour un usage extérieur exigeant ou en milieu humide, un inox austénitique non magnétique reste la référence.
L’aimant ne dit pas si un métal est inoxydable, il indique seulement s’il est austénitique, ferritique ou martensitique.
Réaliser un test à l’aimant de poche sur garde-corps, éviers, plans de travail et visserie
Pour utiliser l’aimant de façon pertinente, mieux vaut adopter une petite routine. Munissez-vous d’un aimant de poche assez puissant (type aimant néodyme) et testez d’abord un objet en acier classique pour calibrer votre sensation de « forte attraction ». Ensuite, approchez l’aimant de la surface à tester : évier, plan de travail, crédence, garde-corps, visserie extérieure.
Si l’aimant colle franchement, comme sur une poutrelle acier, il s’agit soit d’un inox ferritique, soit d’un acier ordinaire. Si l’aimant ne réagit quasiment pas, vous avez probablement affaire à un inox austénitique 304 ou 316L. Sur certains garde-corps de qualité, l’aimant glisse sans accrocher, ce qui confirme une nuance adaptée aux environnements humides ou salins. Ce geste simple, utilisé régulièrement, devient un excellent outil de tri dans votre habitat ou sur chantier.
Interpréter un inox légèrement magnétique : déformations, zones soudées, nuances mixtes
Un cas intermédiaire complique parfois la lecture : l’aimant accroche légèrement, sans véritable « claquement » sur la surface. Plusieurs phénomènes expliquent cette magnétisation partielle. Un inox austénitique 304 ou 316L peut devenir légèrement magnétique après écrouissage (pliage, roulage, cintrage) ou dans la zone affectée thermiquement autour d’une soudure. Cela ne remet pas en cause la qualité inoxydable du matériau.
Par ailleurs, certains produits associent des pièces en inox austénitique à de la visserie en inox ferritique ou en acier galvanisé, ce qui crée des zones de magnétisme variable. Un garde-corps extérieur peut ainsi présenter des montants non magnétiques et une visserie fortement magnétique. Interpréter un inox légèrement magnétique suppose donc de croiser les informations : type de pièce, environnement, aspect de surface, présence éventuelle de rouille.
Cas pratiques : tester une crédence de cuisine, un barbecue, un garde-corps extérieur en apparent inox
Sur une crédence de cuisine, un aimant qui adhère très fortement indique souvent une tôle d’acier laqué imitation inox, surtout sur les modèles d’entrée de gamme. Un barbecue « effet inox » vendu à prix très bas, dont les parois attirent fortement l’aimant, est fréquemment en acier peint ou chromé : le risque de corrosion après quelques saisons est alors élevé. Pour un garde-corps extérieur, un aimant qui n’accroche pas sur les tubes mais colle sur la visserie est typique : tubes en inox 304 ou 316L, visserie parfois en inox 430 ou en acier zingué.
Pour un environnement piscine ou bord de mer, un garde-corps vendu comme « inox marin » doit, en principe, résister à l’aimant sur la quasi-totalité de sa structure.
Reconnaissance de l’inox par aspect de surface, teinte et texture du métal nu
Analyser la couleur métallique : nuances de gris, reflets bleutés vs teintes plus chaudes de l’acier carbone
La couleur métallique reste un critère visuel majeur. L’inox affiche un gris argenté neutre, parfois légèrement bleuté en lumière froide, avec des reflets nets. L’acier carbone, même poli, conserve souvent une teinte plus chaude, tirant vers le brun ou le bleu foncé, surtout lorsqu’il a été soudé ou chauffé. L’aluminium, de son côté, est plus clair et plus blanc, avec des reflets moins profonds.
Un moyen simple consiste à comparer deux métaux l’un à côté de l’autre : un couteau de cuisine en inox à côté d’une pièce en acier brut, ou un évier inox à côté d’un profilé acier. Le contraste de teinte saute alors aux yeux. Cette analyse par comparaison est particulièrement utile pour reconnaître de l’inox facilement dans un atelier ou un garage rempli de chutes de métaux.
Examiner la rugosité et le grain de surface : inox brossé, microbillé, décapé-passivé
Au toucher, l’inox se distingue par une texture régulière. Un inox brossé présente un grain linéaire uniforme, agréable sous les doigts. Un inox microbillé ou sablé donne une sensation légèrement satinée, avec un aspect mat homogène. Après décapage-passivation, la surface d’un inox reprend un aspect propre, légèrement satin, sans zones d’oxydation localisées.
En comparaison, un acier galvanisé offre une rugosité irrégulière, parfois coupante, là où la couche de zinc est plus épaisse. Un acier peint imitation inox perdra son homogénéité dès que la peinture s’écaille. Observer la régularité du grain, à l’œil et au toucher, apporte une information précieuse, surtout lorsque le métal nu est accessible sur un chant ou une zone non peinte.
Repérer les indices d’un revêtement trompeur : peinture, chrome, nickelage, film PVC décoratif
Dans l’habitat comme en magasin, de nombreux produits jouent sur le « look inox ». Les revêtements décoratifs les plus fréquents sont la peinture métallisée, le chromage ou nickelage, et les films PVC imitant l’inox brossé. Un chromage décoratif sur acier ou laiton finit par se microfissurer, laissant apparaître des points de corrosion rouge sous la fine couche brillante. Une peinture métal peut s’écailler aux chocs, révélant un support plus sombre.
Les films PVC décoratifs imitent assez bien le brossage inox sur les façades de cuisine, les plinthes ou certaines hottes. Un indice fiable : la différence entre les chants et la face. Si la face est « inox brossé » et le chant clairement en mélaminé ou en bois, le matériau structurel n’est évidemment pas en acier inoxydable. Un examen attentif des arêtes, vis et découpes permet souvent de démasquer ces revêtements trompeurs.
Distinguer inox 304 et inox 316 par leur utilisation en milieux agressifs (piscine, bord de mer, chimie légère)
Distinguer visuellement un inox 304 d’un inox 316L est pratiquement impossible sans analyse chimique. En revanche, l’environnement d’usage fournit un indice fiable. L’inox 304 est majoritairement utilisé en intérieur ou en extérieur non agressif : plans de travail, crédences, mobilier inox, garde-corps en zone urbaine standard. L’inox 316L, enrichi en molybdène, est spécifiquement employé pour les milieux chlorés, salins ou pollués : piscines, littoral, industries chimiques douces.
Si vous examinez une visserie estampillée « A4 » ou « 316L marine » autour d’un bassin ou d’un ponton, il s’agit presque toujours d’un inox 316L. Un garde-corps de balcon à plusieurs kilomètres de la mer, sans exposition particulière aux chlorures, sera en général en inox 304. Pour choisir ou contrôler un matériau adapté, la question clé devient donc : « À quoi ce métal va-t-il être exposé au quotidien ? »
Tests simples à l’acide et réactifs pour vérifier la présence de chrome et de nickel
Utiliser un kit de test inox au nitrate de cuivre ou au thiocyanate de potassium en atelier
Pour aller au-delà de l’observation et du magnétisme, certains professionnels utilisent des kits de tests chimiques. Les réactifs au nitrate de cuivre ou au thiocyanate de potassium permettent d’indiquer la présence de chrome ou de molybdène en surface. Quelques gouttes déposées sur un métal préalablement nettoyé provoquent un changement de couleur caractéristique en fonction de la nuance.
Ces tests par gouttes ne remplacent pas une analyse spectrométrique, mais offrent une indication rapide : présence de molybdène (et donc probabilité d’un 316/316L), niveau de passivation de la surface, différenciation basique entre acier carbone et inox. Pour un atelier de métallerie ou de chaudronnerie, disposer d’un tel kit permet déjà de trier correctement des chutes de métaux et de valider un approvisionnement douteux.
Effectuer un essai localisé à l’acide chlorhydrique dilué sur acier carbone vs inox
Un test empirique consiste à utiliser un acide chlorhydrique dilué sur une zone discrète du métal. Sur un acier carbone non protégé, la réaction est rapide : dégagement gazeux visible, attaque de surface, apparition de taches. Sur un inox passivé, la réaction est beaucoup plus lente, voire quasi inexistante à court terme, surtout si la couche d’oxyde de chrome est de bonne qualité.
Ce type de test doit rester extrêmement localisé, sur une zone non visible ou sur un échantillon, car même un inox peut être attaqué si l’exposition est prolongée ou la concentration trop élevée. L’objectif est seulement de corroborer un doute fort entre un acier ordinaire et un inox, jamais de « nettoyer » du métal à l’acide.
Lire la réaction de surface : formation de rouille rapide sur acier ordinaire, inertie relative de l’inox
Au-delà de la réaction instantanée, l’évolution dans les heures et jours suivants donne une information cruciale. Sur un acier ordinaire, la zone testée se couvre très vite d’une rouille brun-rouge, qui se propage parfois au-delà de la goutte initiale. Sur un inox, la surface peut se ternir légèrement, mais ne développe pas de corrosion profonde ni de rouille friable.
Cette différence de comportement illustre la capacité de l’inox à se « repassiver » : le chrome présent dans l’alliage reforme une couche d’oxyde protectrice dès que l’acier est au contact de l’oxygène. C’est cette propriété d’auto-protection qui fait de l’inox un matériau privilégié en milieu humide ou humide-agressif.
Précautions de sécurité (EPI, ventilation) et neutralisation après test sur pièces domestiques
Les tests à l’acide, même dilué, imposent quelques règles. Le port de gants, de lunettes de protection et un travail dans un espace ventilé constituent un minimum. Sur une pièce domestique (évier, plan de cuisson, ustensile), il est impératif de rincer abondamment à l’eau après le test, puis de neutraliser les éventuels résidus avec une solution basique douce, comme du bicarbonate de soude ménager.
Ce type de test chimique reste réservé à des utilisateurs avertis. Dans la majorité des cas, l’association observation + test de l’aimant + recherche de marquages suffit à reconnaître de l’inox facilement, sans recourir à des acides. Les tests chimiques complètent utilement le diagnostic pour des projets à forts enjeux (industrie, agroalimentaire, chimie légère).
Décoder les marquages, normes et nuances d’inox : 304, 316L, A2, A4, EN 1.4301
Lire les inscriptions gravées sur casseroles, éviers, couverts : « 18/10 », « inox 304 », « inox 18/8 »
Sur la plupart des ustensiles de cuisine de qualité, les marquages sont vos meilleurs alliés. L’inscription 18/10 ou 18/8 indique généralement un inox austénitique de type 304 : 18 % de chrome et 8 à 10 % de nickel. Les mentions « inox 304 », « stainless steel 304 » ou tout simplement « inox 18/10 » garantissent un matériau largement éprouvé en alimentation et en restauration.
Si un évier ou une casserole ne présente aucun marquage, l’incertitude augmente, surtout sur les produits d’entrée de gamme. Un examen visuel, complété par un test à l’aimant et l’observation du comportement à long terme (absence de taches de rouille) permet alors de confirmer la nature inoxydable du matériau utilisé.
Comprendre les classes A2 et A4 de la visserie inox selon la norme ISO 3506 pour le bricolage
La visserie extérieure, en terrasse ou en façade, mentionne fréquemment les classes A2 et A4 selon la norme ISO 3506. La classe A2 correspond, en simplifiant, à un inox 304 : bonne résistance à la corrosion en atmosphère urbaine ou rurale non agressive. La classe A4 renvoie à un inox 316, plus résistant aux chlorures et milieux salins, recommandé pour les environnements marins ou les abords de piscine.
Choisir une visserie A4 pour une terrasse de bord de mer ou pour une pergola au-dessus d’un bassin est un investissement prudent. À l’inverse, utiliser de la visserie zinguée ou de la simple classe 4.8 acier dans ces contextes expose à une corrosion accélérée, pouvant compromettre la durabilité de l’ouvrage.
Faire le lien entre désignations européennes (EN 1.4301, 1.4404) et repères commerciaux grand public
Dans la documentation technique ou sur les certificats matière, les inox ne sont pas désignés par 304 ou 316L, mais par leur numéro EN : EN 1.4301 pour l’inox 304, EN 1.4404 pour le 316L, par exemple. Pour un particulier, ces codes peuvent sembler abstraits, mais ils correspondent directement aux nuances commerciales les plus répandues.
Relier ces deux mondes permet de mieux dialoguer avec un métallier, un fournisseur ou un bureau d’études. Savoir qu’un garde-corps en EN 1.4404 correspond en pratique à un inox 316L fournit une information concrète sur sa résistance en bord de mer ou en milieu chloré, sans entrer dans des détails métallurgiques complexes.
Identifier les marquages spécifiques aux garde-corps, rambardes et accessoires marins (inox 316L marine)
Sur les garde-corps et les accessoires marins, certains fabricants apposent des marquages spécifiques : « inox 316L marine », « A4 », « 1.4404 ». Ces mentions indiquent un matériau adapté aux conditions sévères de corrosion, notamment aux chlorures présents dans l’eau de mer ou les produits de piscine. Un mousqueton ou un tendeur de câble avec la mention « A4 » est, par exemple, conçu pour résister à ces milieux agressifs.
À l’inverse, une rambarde extérieure simplement annoncée « inox » sans précision supplémentaire, surtout à bas prix, risque d’être en inox ferritique ou en acier peint. Examiner les marquages, interroger le vendeur sur la nuance exacte et croiser ces données avec le test de l’aimant permet de sécuriser vos choix pour les garde-corps, balcons et terrasses.
Différencier l’inox des matériaux « look inox » : chromage, aluminium anodisé, plastique métallisé
Reconnaître un chromage décoratif sur acier ou laiton : éclats, corrosion rouge sous le chrome
Le chromage décoratif imite très bien l’inox brillant au premier coup d’œil. On le retrouve sur certaines poignées, robinetteries bas de gamme, pieds de meubles ou accessoires auto. La différence apparaît avec le temps : le chrome, très mince, se fissure et s’écaille aux endroits sollicités. Sous cette couche, l’acier ou le laiton commence à corroder, laissant apparaître des taches rougeâtres ou verdâtres autour des éclats.
Sur un véritable inox poli miroir, de telles « boursouflures » n’apparaissent pas. Le métal est homogène sur toute son épaisseur. Un examen attentif des zones de frottement (charnières, angles, fixations) permet de distinguer un revêtement chrome d’un inox massif ou d’une tôle inox bien finie.
Distinguer inox et aluminium brossé sur électroménager (bosch, siemens, whirlpool) et poignées de porte
Les grandes marques d’électroménager utilisent indifféremment de l’inox brossé ou de l’aluminium brossé sur leurs façades (réfrigérateurs, fours, lave-vaisselles). À l’œil, la confusion est fréquente. Quelques indices permettent pourtant de trancher : l’inox est plus lourd, plus dur et renvoie des reflets plus profonds. L’aluminium, plus léger, se raye plus facilement avec un objet dur et présente une teinte légèrement plus blanche.
Un test au doigt sur une poignée de porte ou une façade d’appareil donne aussi une impression différente : l’inox reste froid plus longtemps, en raison de sa conductivité et de sa masse volumique plus élevées. Sur les fiches techniques, la mention explicite « acier inoxydable » confirme généralement la présence de véritable inox, alors que « finition inox » peut parfois désigner un simple aluminium brossé.
Identifier les plastiques imitation inox sur hottes, plinthes, façades de cuisine IKEA ou leroy merlin
Dans l’aménagement intérieur, de nombreux éléments utilisent des plastiques imitation inox pour des raisons de coût et de poids. Hottes décoratives, plinthes, joues de meubles, façades de tiroirs peuvent être recouvertes d’un film PVC métallisé ou d’un stratifié « effet inox ». Visuellement, le rendu est convaincant, surtout sur des surfaces planes.
Le test le plus simple consiste à tapoter légèrement : le son est mat et creux, contrairement au « son métallique » plus net d’une tôle inox. Le poids de l’élément, lorsqu’il est démonté, est aussi très révélateur. Enfin, un examen des chants et des bords révèle souvent la superposition du film décoratif sur un support en bois ou en panneau de particules.
Observer le poids, la dureté au rayage et la conduction thermique pour exclure les faux inox
Trois propriétés physiques simples aident à exclure les faux inox : le poids, la dureté au rayage et la conduction thermique. L’inox est dense (environ 7,9 g/cm³), nettement plus lourd que l’aluminium ou le plastique. Une même pièce en inox sera donc sensiblement plus lourde que son équivalent en aluminium brossé. La dureté est également supérieure : une rayure avec un objet en métal doux marquera davantage l’aluminium.
Enfin, la conduction thermique se perçoit facilement : un plan de travail ou une poignée en inox absorbe rapidement la fraîcheur de la pièce et met plus de temps à se réchauffer au contact de la main. Cette sensation, difficile à quantifier mais très réelle, aide à distinguer une façade en inox massif d’un simple décor plastique ou stratifié, surtout sur les éléments encastrés en cuisine.
Méthodologie pas à pas pour reconnaître de l’inox chez soi, en chantier et en magasin
Protocole de reconnaissance rapide en magasin de bricolage (castorama, brico dépôt, leroy merlin)
Face aux rayons de profils, visserie, garde-corps et crédences des grandes surfaces de bricolage, un protocole simple permet de gagner en fiabilité. Commencez par lire attentivement les étiquettes : la mention « acier inoxydable », associée à des repères comme A2, A4, 304 ou 316L, est un premier signal positif. La simple mention « aspect inox » ou « finition inox » mérite davantage de prudence.
Munissez-vous ensuite d’un petit aimant de poche. Testez la visserie, les tubes de garde-corps, les crédences et éviers exposés. Une faible attraction oriente vers un inox austénitique, tandis qu’une forte attraction suggère un acier ordinaire galvanisé ou un inox ferritique. Enfin, examinez les coupes et les chants : une tôle inox gardera une teinte homogène, là où un panneau décoratif « inox » révèlera son support bois ou plastique.
Contrôler la nature inox d’un évier, d’un plan de travail ou d’un garde-corps avant achat
Pour un évier, un plan de travail ou un garde-corps, l’enjeu financier est souvent important. Avant l’achat, posez systématiquement quatre questions : le matériau est-il explicitement indiqué comme « acier inoxydable » ? Une nuance ou une classe (304, 316L, A2, A4) est-elle mentionnée ? L’aimant colle-t-il fortement ou non ? Le produit est-il recommandé par le fabricant pour une utilisation en extérieur ou en milieu humide ?
Ces éléments, combinés à une inspection visuelle de la finition (brossé, miroir, satiné) et à l’analyse de la solidité perçue, fournissent un faisceau d’indices suffisants. Pour un garde-corps de bord de mer ou de piscine, privilégier l’indication explicite « inox 316L » et vérifier l’absence d’adhérence forte à l’aimant sur les éléments principaux constitue une précaution essentielle pour la longévité de l’installation.
Vérifier l’inox d’une visserie extérieure pour terrasse, pergola, bardage et clôture
La visserie extérieure est souvent le maillon faible d’une construction. Une terrasse posée avec de la visserie zinguée peut commencer à rouiller au bout de deux ou trois ans, même si la structure bois reste saine. Pour sécuriser un chantier, la vérification de l’inox passe par trois actions : lecture de la classe (A2 ou A4), test de l’aimant et cohérence avec l’environnement.
Pour une simple clôture en milieu non agressif, de la visserie A2 peut suffire. Pour un bardage exposé aux embruns ou une pergola à proximité immédiate d’une piscine, la classe A4 devient quasi indispensable. Un aimant qui adhère encore fortement sur une vis annoncée inox doit éveiller vos doutes, surtout en l’absence de marquage clair sur la boîte ou sur la tête de la vis.
Check-list de tests croisés : aimant, inspection visuelle, marquage, environnement d’usage
Reconnaître de l’inox facilement repose enfin sur l’utilisation combinée de plusieurs tests croisés plutôt que sur un seul critère. Une check-list simple peut servir de guide :
- Inspection visuelle : teinte gris argenté homogène, absence de grain galvanisé ou d’éclats de chrome.
- Test à l’aimant : attraction faible à nulle pour un inox austénitique 304/316L, forte attraction suspecte.
- Recherche de marquages : mentions
18/10,304,316L,A2,A4,EN 1.4301,EN 1.4404. - Analyse de l’environnement : cuisine, salle de bains, piscine, bord de mer, atelier chimique léger.
Lorsque ces quatre points convergent, vous disposez d’une quasi-certitude sur la nature inox ou non d’un élément. Cette approche, applicable aussi bien chez vous qu’en magasin ou sur chantier, permet d’anticiper les risques de corrosion, de dimensionner correctement vos projets et de choisir des matériaux réellement adaptés aux contraintes de l’habitat et de l’industrie.
