Coefficient 335 métallurgie : classification

Le coefficient 335 en métallurgie reste une référence dans de nombreux ateliers, bureaux des méthodes ou services maintenance, même si la nouvelle convention collective nationale de la métallurgie (IDCC 3248) a profondément revu la classification des emplois depuis le 1er janvier 2024. Pour vous, salarié, manager ou RH, comprendre ce que recouvre ce niveau de classification permet de mieux lire un bulletin de paie, de préparer une négociation salariale ou de sécuriser un recrutement. Derrière ce chiffre se cachent un niveau d’autonomie, une technicité, une responsabilité qualité-sécurité et surtout une trajectoire d’évolution possible vers des postes plus qualifiés.

Le coefficient 335 métallurgie correspond en pratique à des emplois d’ouvrier hautement qualifié, d’ETAM confirmé ou de technicien d’atelier, souvent au cœur de la production : usinage CN, soudure, chaudronnerie, fonderie, forge ou maintenance de premier niveau. Ces salariés se situent à un moment-clé de leur parcours : suffisamment expérimentés pour travailler avec une large autonomie, mais encore avec un fort potentiel de progression de coefficient, de salaire et, parfois, vers un futur statut cadre.

Définition du coefficient 335 en métallurgie et position dans les grilles de classification

Référence aux conventions collectives de la métallurgie (UIMM, IDCC 3248, anciennes grilles)

Historiquement, le coefficient 335 appartient aux anciennes grilles de la métallurgie, construites par niveaux et coefficients (par exemple 305, 335, 355, 395…) pour les ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise. Ces grilles découlaient d’accords de branche signés entre l’UIMM et les organisations syndicales, avec des minima salariaux fixés par coefficient. Depuis le 7 février 2022, la branche a adopté une convention collective unique (IDCC 3248) applicable à toutes les entreprises de la métallurgie, entrée en vigueur sur la partie classification au 1er janvier 2024.

Cette nouvelle convention ne parle plus de coefficient 335 mais de classes d’emploi et de groupes d’emplois (A à I), sur la base d’une cotation en points de 6 à 60. Toutefois, dans beaucoup d’entreprises, l’ancienne référence 335 reste utilisée dans les échanges, notamment pour comparer les situations « avant / après » ou pour interpréter d’anciens accords d’entreprise. La logique actuelle consiste à classer l’emploi – et non plus directement le salarié – selon six critères : complexité, connaissances, autonomie, contribution, encadrement/coopération et communication, comme le rappelle la base documentaire paritaire mise en place par la branche.

Distinction entre coefficient, niveau, groupe et échelon dans les classifications métallurgiques

Le langage de la classification métallurgie peut sembler technique si vous n’y êtes pas confronté quotidiennement. Avant la réforme, un salarié se voyait attribuer un coefficient (ex. 335) qui déterminait un salaire minimum conventionnel, parfois complété par un niveau ou une position (I, II, III) pour les cadres. Certains accords internes parlaient en plus d’échelons, souvent liés à l’ancienneté ou à la maitrise progressive du poste. Dans la nouvelle convention, les notions pivot deviennent la classe d’emploi (1 à 18) et le groupe d’emplois (A à I), les groupes F à I correspondant aux emplois cadres.

Dans les faits, un ancien coefficient 335 se situe généralement dans la zone médiane de la nouvelle classification des non-cadres, c’est-à-dire dans des classes comprises, selon les entreprises, entre B4 et C6. La reconnaissance de l’expérience n’est plus intégrée via un passage mécanique de coefficient, mais via l’évolution de la cotation de l’emploi ou l’octroi de compléments salariaux (prime d’ancienneté, compléments individuels). Pour vous, salarié classé 335 avant 2024, l’enjeu est d’identifier à quelle classe d’emploi correspond désormais votre poste, et de vérifier le respect des minima associés.

Traduction du coefficient 335 en qualification : ouvrier qualifié, technicien, agent de maîtrise

Concrètement, le coefficient 335 métallurgie correspond rarement à un débutant. Il s’agit généralement de postes d’ouvrier hautement qualifié, de technicien de fabrication ou, dans certains cas, d’agent de maîtrise de premier niveau. Ces emplois supposent une maîtrise approfondie du métier (lecture de plan, réglage machine, contrôle dimensionnel) et la capacité à gérer seul une série de fabrication ou un équipement complexe.

En pratique, un coefficient 335 recouvre souvent un niveau équivalent à un CAP/BEP avec forte expérience, ou un bac pro / BTS avec quelques années de pratique. L’employeur attend de ces salariés qu’ils soient autonomes sur le poste, capables de détecter une non-conformité, de proposer une correction simple et de contribuer à la qualité globale. Dans de nombreuses PME de la métallurgie, ce niveau est aussi un « socle » pour bâtir des équipes polyvalentes en usinage, soudure ou chaudronnerie.

Comparaison du coefficient 335 avec les coefficients voisins 305, 355, 395 dans la filière métal

Pour bien situer le coefficient 335, il est utile de le comparer à ses voisins directs dans l’ancienne grille. Le tableau ci-dessous illustre, à titre indicatif, le positionnement relatif de ces coefficients dans une logique de filière atelier (usinage, soudure, chaudronnerie) :

Ancien coefficient Profil type Niveau d’autonomie Responsabilités principales
305 Ouvrier qualifié débutant Encadré, consignes détaillées Production simple, contrôle visuel
335 Ouvrier hautement qualifié / technicien d’atelier Autonomie importante sur le poste Réglage, auto-contrôle, traçabilité
355 Technicien confirmé, souvent référent Autonomie forte, appui aux collègues Optimisation, formation interne, résolution d’écarts
395 Agent de maîtrise / chef d’équipe Autonomie large, reporting hiérarchique Organisation d’équipe, planning, indicateurs de performance

Le passage de 305 à 335 symbolise l’accès à une pleine maîtrise du poste et à une autonomie forte. Celui de 335 à 355 ou 395 marque plutôt une évolution vers la polyvalence, le rôle de référent technique ou l’encadrement. Si vous êtes aujourd’hui au coefficient 335, ces paliers supérieurs constituent souvent les prochaines marches de carrière, à condition de formaliser vos compétences et de vous positionner lors des entretiens professionnels ou des campagnes de revue des classifications.

Critères de classification métallurgie appliqués au coefficient 335 (autonomie, complexité, responsabilité)

Analyse du contenu de poste type coefficient 335 : lecture de plan, contrôle dimensionnel, réglage machine

La nouvelle convention collective métallurgie repose sur 6 critères classants notés de 1 à 10, pour une cotation totale entre 6 et 60 points. Un poste équivalent à l’ancien coefficient 335 se situe en général dans une cotation médiane (environ 20 à 30 points), ce qui correspond à des activités techniquement exigeantes mais encore centrées sur la production. Un opérateur régleur classé à ce niveau sait interpréter des plans de définition, utiliser des fiches d’instruction, régler une machine et réaliser un contrôle dimensionnel basique ou intermédiaire.

Sur le critère complexité de l’activité, un emploi de « niveau 335 » relève souvent de degrés 3 à 5 : activités diversifiées, avec traitement de difficultés variées, et adaptation de modes opératoires répertoriés. L’opérateur ne se contente pas d’appuyer sur un bouton ; il ajuste, corrige, choisit les bons paramètres dans une gamme connue. Sur le critère connaissances, le niveau attendu correspond à des savoir-faire professionnels théoriques et pratiques acquis par formation initiale et expérience.

Évaluation des compétences techniques attendues : soudure MIG/MAG, usinage CN, métrologie

En atelier métallurgique, un coefficient 335 est souvent associé à des compétences techniques bien identifiées. Vous pouvez par exemple retrouver ce niveau sur des postes impliquant :

  • la soudure MIG/MAG ou TIG (procédés 135/141) avec lecture des WPS,
  • l’usinage sur centres à commande numérique (FANUC, Siemens, Heidenhain),
  • la métrologie courante : pied à coulisse, micromètre, jauge de profondeur, tampons.

Ces savoir-faire s’inscrivent dans un cadre normatif exigeant : EN ISO 9606 pour la qualification des soudeurs, tolérances ISO pour les dimensions, ISO 9001 pour les processus de contrôle qualité. De nombreuses entreprises de la métallurgie ont d’ailleurs mis en place des CQPM (certificats de qualification paritaire de la métallurgie) pour sécuriser ces compétences et les relier clairement à leur classification interne. Une observation fréquente sur le terrain : lorsque ces compétences sont bien documentées, la reconnaissance en termes de coefficient ou de classe d’emploi progresse plus facilement.

Responsabilités en matière de qualité, traçabilité et sécurité au poste (ISO 9001, ISO 14001)

Un salarié positionné au niveau 335 n’est plus considéré comme un simple exécutant. Il a une responsabilité directe dans la conformité des pièces et la maîtrise des risques au poste. Dans un système certifié ISO 9001, il contribue par exemple à :

  • renseigner les fiches de suivi de production et d’auto-contrôle,
  • isoler et signaler toute non-conformité,
  • appliquer les instructions liées à la traçabilité (numéro de lot, OF, série).

Dans des sites engagés en ISO 14001 ou ISO 45001, les titulaires de postes de ce niveau participent aussi à la prévention des risques environnementaux (gestion des déchets de coupe, huiles, fumées de soudage) et des risques sécurité (port des EPI, consignation, vérification de l’état des équipements). Un défaut de maîtrise à ce niveau peut impacter les indicateurs qualité ou sécurité de l’entreprise, d’où l’importance d’une classification représentative de ces responsabilités.

Un emploi classé à un niveau intermédiaire de la grille métallurgie doit combiner maîtrise du geste technique, respect strict des procédures et contribution active à la qualité et à la sécurité.

Notion d’initiative et d’autonomie dans les postes classés au coefficient 335

L’un des points-clés du coefficient 335, souvent sous-estimé en entreprise, est la dimension d’initiative. La nouvelle convention évalue ce point sous le critère autonomie : degré de liberté pour organiser son travail, choisir les moyens, adapter les solutions. Un titulaire de poste équivalent à 335 n’est pas censé solliciter en permanence son chef d’équipe ; il doit être capable de prendre des décisions courantes : relancer une série, ajuster un paramètre, changer un outil, lancer un contrôle supplémentaire.

Cette autonomie n’est toutefois pas absolue. Les décisions restent prises dans un cadre : gamme, procédure, plan de contrôle. L’analogie avec un conducteur de train est parlante : le trajet est défini, les limitations sont fixées, mais la conduite nécessite une vigilance et des micro-décisions constantes. Si, dans votre quotidien, vous prenez fréquemment des initiatives dépassant ce cadre (modification de gammes, choix de nouvelles méthodes, coordination d’autres opérateurs), cela constitue un argument fort pour réclamer une cotation plus élevée, proche de l’équivalent 355 ou 395.

Exemples de métiers et fiches de poste relevant du coefficient 335 en industrie métallurgique

Opérateur régleur sur commande numérique (FANUC, siemens, heidenhain) classé coefficient 335

L’opérateur régleur CN est probablement l’un des profils les plus représentatifs de l’ancien coefficient 335. Il prépare, règle et conduit une machine ou un centre d’usinage à commande numérique pour produire des pièces mécaniques de précision. Il charge les programmes, prépare les outils, réalise les premières pièces, effectue les corrections d’origine ou de compensation et assure l’auto-contrôle dimensionnel. Les environnements FANUC, Siemens ou Heidenhain exigent une bonne compréhension des codes ISO, des systèmes de coordonnées et des paramètres d’usinage.

Dans la nouvelle classification, ce type d’emploi se retrouve fréquemment dans les classes B4 à C6 selon la complexité de l’usinage (3 axes, 5 axes, multi-palettes, séries unitaires ou répétitives). Plus la part de réglage et de mise au point est importante, plus la cotation grimpe. Si vous intervenez régulièrement en soutien technique auprès d’autres opérateurs, la dimension encadrement/coopération pourrait justifier un niveau de classification supérieur.

Chaudronnier tôlerie fine en atelier de fabrication (ex. naval group, alstom, airbus atlantic)

Le chaudronnier tôlerie fine travail dans des secteurs à très forte exigence de qualité (naval, ferroviaire, aéronautique). Ses missions incluent le traçage, le débit, le roulage, le cintrage, l’assemblage par soudage ou rivetage de pièces en acier, inox ou aluminium de faible épaisseur. Le respect des tolérances, la qualité esthétique des pièces et la conformité documentaire (plans, gammes, dossiers de construction) exigent une haute technicité.

Dans les grands groupes comme Naval Group, Alstom ou Airbus Atlantic, ces chaudronniers se situent souvent entre l’équivalent 335 et 355 selon la complexité des ensembles fabriqués. Les compétences acquises sur des programmes spécifiques, sur des matériaux nobles ou des normes strictes (Eurocode 3, classe d’exécution EXC3 ou EXC4) constituent des leviers importants pour négocier une valorisation de la classification.

Soudeur qualifié procédés 135/141 en construction métallique (eurocode 3, EN ISO 9606)

Le soudeur qualifié procédés 135 (MIG/MAG) et 141 (TIG) en construction métallique travaille souvent sous classage Eurocode 3 et selon des DMOS/QMOS stricts. Le coefficient 335 correspond ici à un soudeur capable de :

  • lire un plan d’ensemble et de détail,
  • choisir et régler les paramètres de soudage dans le cadre d’un WPS,
  • réaliser des cordons répondant à des critères sévères (contrôles VT, MT, PT, RX).

Les qualifications EN ISO 9606 constituent une base forte pour étayer un positionnement de classification. Plus vous détenez de qualifications sur différents procédés, diamètres, positions ou matériaux, plus l’argument d’une classification supérieure gagne en crédibilité. Les entreprises les plus structurées articulent d’ailleurs directement leurs grilles de classification avec ces qualifications, via les CQP ou CQPM de la métallurgie.

Opérateur en fonderie et forge : conduite de four, moulage, parachèvement sous coefficient 335

En fonderie et forge, un emploi de niveau 335 recouvre la conduite de fours (fusion, maintien), la préparation de moules et noyaux, le coulage, puis le parachèvement (ébavurage, grenaillage, calibrage). Les contraintes thermiques, la gestion des risques (incendie, projections, fumées) et la maîtrise de la métallurgie (températures, teneur en carbone, temps de maintien) donnent une forte intensité technique à ces postes.

L’autonomie porte ici sur le respect des cycles, la surveillance des paramètres critiques, la coordination avec la maintenance et le laboratoire. Dans une perspective de classification, ces postes se situent généralement au cœur de la grille des non-cadres, avec des marges d’évolution importantes vers des rôles de chefs de coulée, régleurs de ligne de moulage ou agents de maîtrise de secteur.

Technicien de maintenance de premier niveau sur lignes de production métallurgique

Dans certaines entreprises, le coefficient 335 est également utilisé pour des techniciens de maintenance de premier niveau, positionnés en interface entre la production et la maintenance centralisée. Ils réalisent les diagnostics de base, les réglages, les changements d’organe simple, les graissages et contrôles préventifs. Ils connaissent le fonctionnement global de la ligne (presses, fours, robots, convoyeurs) et jouent un rôle clé dans la réduction des arrêts.

Ce type d’emploi mobilise des connaissances pluridisciplinaires (mécanique, électrotechnique, automatismes de base) et une forte capacité de communication avec les opérateurs et l’encadrement. Dans la nouvelle classification, la cotation sur les critères contribution et communication peut donc être élevée, ouvrant la voie à une classe d’emploi supérieure si les responsabilités sont correctement formalisées dans la fiche de poste.

Impact du coefficient 335 métallurgie sur la rémunération, primes et évolution de carrière

Barèmes de salaire brut liés au coefficient 335 selon les accords de branche métallurgie

Dans les anciennes grilles, le coefficient 335 était associé à un salaire minimum hiérarchique spécifique, renégocié chaque année par la branche. Avec la nouvelle convention, ce sont désormais les 18 classes d’emplois qui disposent chacune d’un SMH (salaire minimum hiérarchique) annuel, pour 35 heures hebdomadaires. À titre indicatif, au 1er janvier 2024, les classes C5 et C6 se situent autour de 22 300 € et 23 500 € bruts annuels pour les dispositions étendues, soit environ 1 860 à 1 950 € bruts mensuels.

Un salarié précédemment au coefficient 335 se voit donc attribuer une nouvelle classe d’emploi.

La première application de la nouvelle classification ne peut entraîner aucune baisse de la rémunération totale acquise.

Si votre salaire de base était supérieur au nouveau minimum, il doit être maintenu, souvent sous la forme d’un complément individuel. La marge de négociation salariale se situe donc au-dessus de ces minima, en fonction de votre performance, de votre rareté sur le marché et de la politique de rémunération de l’entreprise.

Primes associées en atelier métallurgique : panier, équipe, froid, risque, rendement

Au-delà du salaire de base lié au coefficient ou à la classe d’emploi, la rémunération réelle d’un poste de niveau 335 intègre fréquemment des primes d’atelier. Celles-ci peuvent représenter de 5 à 20 % du brut mensuel selon le type d’activité et les accords d’entreprise. Les plus courantes sont :

  • prime de panier ou de repas (horaires décalés, équipes),
  • prime d’équipe (2×8, 3×8, nuit, week-end),
  • prime de froid, de chaleur ou de pénibilité,
  • prime de risque (soudage, travail en hauteur, produits chimiques),
  • prime de rendement ou de production.

Pour évaluer si votre classification est cohérente avec votre rémunération globale, il est utile de raisonner en coût annuel complet : salaire de base, primes fixes, primes variables récurrentes. Dans certaines entreprises, des salariés historiquement à coefficient 335 se retrouvent avec un salaire réel proche, voire supérieur, à des coefficients théoriquement plus élevés, grâce aux primes. D’où l’importance de regarder à la fois la grille et la réalité de la paie.

Passage du coefficient 335 vers 355 ou 395 : entretien professionnel, VAE, formations AFPA/Greta

L’une des grandes questions pour un salarié classé 335 est : comment évoluer vers 355 ou 395, et à quel rythme ? Le nouvel environnement conventionnel met au centre l’entretien professionnel (tous les 2 ans) et les logiques de parcours. Plusieurs leviers concrets existent pour préparer une demande d’évolution :

  1. identifier, lors de l’entretien, les compétences supplémentaires à acquérir (programmation CN, gestion d’équipe, méthodes),
  2. mobiliser la formation continue (AFPA, Greta, organismes spécialisés métallurgie) pour valider ces compétences,
  3. envisager une VAE (validation des acquis de l’expérience) pour obtenir un diplôme ou un titre professionnel reconnu.

Dans la pratique, les entreprises accordent souvent une hausse de coefficient ou un changement de classe d’emploi lors de prises de responsabilités significatives : passage chef d’équipe, référent technique, conducteur de ligne complexe. Un conseil souvent utile : anticiper cette évolution en formalisant noir sur blanc vos nouvelles missions, afin de disposer d’éléments factuels lors de la discussion sur la classification.

Articulation entre coefficient 335 et reconnaissance des compétences (CQP métallurgie, CQPM)

Les CQP et CQPM de la métallurgie constituent des outils puissants pour faire reconnaître officiellement un niveau de compétences correspondant à l’ancien coefficient 335 ou à ses niveaux supérieurs. Par exemple, les CQPM « Opérateur régleur sur machine-outil à commande numérique », « Soudeur industriel », « Technicien de maintenance industrielle » ou « Chaudronnier industriel » s’alignent généralement sur les niveaux intermédiaires de la classification.

Pour vous, obtenir un CQP ou un CQPM permet de :

  • donner un support objectif à une demande d’évolution de coefficient ou de classe d’emploi,
  • sécuriser votre parcours en cas de changement d’entreprise ou de secteur,
  • accéder plus facilement à des formations de niveau supérieur (BTS, licence pro).

De nombreux accords de branche ou d’entreprise prévoient d’ailleurs une reconnaissance salariale associée à l’obtention d’un CQP/CQPM : prime de certification, passage automatique à la classe supérieure, ou engagement de réexamen de la classification. En vous positionnant sur ces dispositifs, vous transformez un parcours expérientiel en un véritable levier de progression.

Méthodologie pour vérifier, contester ou faire évoluer son coefficient 335 en entreprise

Analyse de la fiche de poste, du référentiel de classification et de la grille de la convention métallurgie

La première étape pour vérifier ou contester un positionnement de type coefficient 335 consiste à analyser calmement les documents existants. Votre fiche de poste est la pierre angulaire : elle doit décrire les missions réelles, les responsabilités, les relations fonctionnelles, les compétences exigées. Depuis la réforme, chaque emploi doit être évalué sur les 6 critères classants (complexité, connaissances, autonomie, contribution, encadrement/coopération, communication) avec un degré de 1 à 10 par critère.

Dans la première mise en œuvre de la nouvelle convention, l’employeur a l’obligation de notifier par écrit votre nouveau classement. Vous disposez d’un délai d’un mois pour demander le détail de la cotation. L’entreprise doit répondre dans un délai d’un mois, éventuellement lors d’un entretien. Un conseil pratique : comparer ensuite cette cotation avec le référentiel paritaire d’analyse des emplois accessible sur le site dédié de la métallurgie, afin de repérer d’éventuels écarts entre la réalité de votre activité et le degré retenu par l’employeur sur chaque critère.

Démarches auprès des RH, du CSE et des délégués syndicaux (CFDT métallurgie, CGT, FO, CFE-CGC)

Si, après cette analyse, vous estimez que votre ancien coefficient 335 ou son équivalent en classe d’emploi ne reflète pas votre travail réel, plusieurs acteurs peuvent vous accompagner. Le service RH reste l’interlocuteur central pour toute demande d’explication ou de révision. Un échange construit, appuyé sur des faits (nouveaux réglages confiés, polyvalence, encadrement de collègues, astreintes) permet souvent de clarifier la situation.

Le CSE et les délégués syndicaux (CFDT métallurgie, CGT, FO, CFE-CGC) ont, de leur côté, un rôle de vigilance sur la bonne application de la convention collective. Dans les entreprises de plus de 50 salariés, le CSE doit être informé et consulté sur les modalités de mise en œuvre de la classification. Si plusieurs salariés se sentent « déclassés » par rapport à la nouvelle grille, une action collective coordonnée avec les représentants du personnel peut avoir plus de poids qu’une démarche isolée.

Plus la démarche de contestation est argumentée, collective et adossée au référentiel officiel, plus elle a de chances d’aboutir à un réexamen sérieux de la classification.

Constitution d’un dossier argumenté : preuves de polyvalence, responsabilités, encadrement

Pour étayer une demande de révision de classification, il est utile de constituer un véritable dossier technique sur votre activité. L’objectif : démontrer que les degrés retenus sur certains critères (autonomie, contribution, encadrement/coopération) devraient être supérieurs. Concrètement, ce dossier peut comporter :

  • des exemples précis de missions dépassant la fiche de poste initiale (mise en route de nouvelles machines, formation de nouveaux arrivants),
  • des preuves de polyvalence (interventions sur plusieurs postes, certifications internes, habilitations),
  • des éléments chiffrés : taux de rebut réduit, productivité améliorée, interventions de maintenance réussies.

Dans certaines entreprises, les chefs d’équipe ou responsables de service peuvent formaliser ces éléments dans une « attestation de mission » ou un « complément de fiche de poste ». Plus la trace écrite est riche, plus l’employeur aura de difficultés à justifier un maintien à un niveau de type 335 si, objectivement, vos missions correspondent à une cotation plus haute dans la grille de la nouvelle convention métallurgie.

Recours possibles : négociation interne, médiation de branche, inspection du travail

Lorsque la discussion en interne n’aboutit pas, plusieurs voies de recours existent, même si elles doivent être utilisées avec discernement. La négociation individuelle reste la plus fréquente : acceptation d’un compromis (augmentation de salaire sans changement de classe, ou inversement), engagement de réexamen ultérieur. Dans certaines situations de désaccord persistant, les syndicats peuvent saisir les instances paritaires de la branche pour alerter sur des difficultés d’application de la convention.

En dernier ressort, la juridiction prud’homale ou l’inspection du travail peuvent être saisies si la classification appliquée semble manifestement sous-évaluée au regard des fonctions réellement exercées. Cela suppose toutefois un dossier solide, des témoignages, des preuves écrites et la volonté de s’engager dans une procédure qui peut être longue. À ce stade de réflexion, l’appui d’un syndicat ou d’un conseil spécialisé en droit social de la métallurgie devient un atout décisif pour analyser les chances de succès et la stratégie la plus pertinente par rapport à votre situation professionnelle et personnelle.

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